Existe-t-il une « morale globale » de la régulation de la rue ?

À partir d’une analyse des enjeux d’appropriation et de régulation de la rue face aux populations marginalisées du Canada et d’ailleurs, l’auteur pose l’hypothèse d’un « imaginaire écosanitaire » guidant les rationalités gestionnaires de l’urbanité de la rue dans un contexte de globalisation des mar...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/gc,
Autor principal: Parazelli, Michel
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Géographie et cultures 2013
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:À partir d’une analyse des enjeux d’appropriation et de régulation de la rue face aux populations marginalisées du Canada et d’ailleurs, l’auteur pose l’hypothèse d’un « imaginaire écosanitaire » guidant les rationalités gestionnaires de l’urbanité de la rue dans un contexte de globalisation des marchés. Les multiples mesures judiciaires répressives ou celles associées aux dispositifs spatiaux ayant des fonctions dissuasives qui se sont déployées dans les espaces publics, seraient légitimées par trois grands champs normatifs tendant à s’imposer comme un ordre moral urbain : l’utilitaire, le sanitaire et le sécuritaire. À partir de l’exemple du centre-ville de Montréal, ces champs normatifs sont présentés autour de quatre pôles de représentations sociospatiales mises en tensions contradictoires : la saleté / propreté ; l’insécurité / sécurité ; l’incivilité / civilité ; et le sauvage / cultivé. L’imaginaire écosanitaire de la régulation de la rue deviendrait ainsi une morale positiviste de l’urbanité en réduisant les questions sociales de marginalisation à des déséquilibres environnementaux soulevant ainsi des inquiétudes sur le plan de la vie démocratique. Cette vision normalisée du monde de la rue servirait aux villes désirant entrer dans le club sélect des villes globales ; notamment à occulter le politique inhérent à cette opération de transformation urbaine que constitue la spatialisation d’une urbanité consommatoire.