Du burlesque chez Correas ou quand la grossièreté de la sagesse populaire devient un procédé humoristique
Les proverbes, omniprésents dans la culture du Moyen-Âge et également très prisés jusqu’au xvie siècle chez les courtisans et les lettrés, devinrent, aux xviie et xviiie siècles, une sagesse véritablement populaire, dont le refranero de Gonzalo Correas (1627), fort des quelques 25000 occurrences com...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/framespa, |
|---|---|
| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Les Cahiers de Framespa
2012
|
| Témata: | |
| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Les proverbes, omniprésents dans la culture du Moyen-Âge et également très prisés jusqu’au xvie siècle chez les courtisans et les lettrés, devinrent, aux xviie et xviiie siècles, une sagesse véritablement populaire, dont le refranero de Gonzalo Correas (1627), fort des quelques 25000 occurrences compilées en son sein, est un parfait témoignage. Tout populaire fût-il, le langage proverbial restait l’explicitation normée d’un enseignement et semblait, en tant que tel, n’être apte à incarner, par nature, qu’un discours sérieux. Or, l’humour se fait jour au sein de nombreuses séquences et, très souvent, par un biais qui pourrait paraître totalement incongru : la grossièreté. L’existence d’une double appellation – et donc d’un double signifiant : « refrán » vs « proverbio »– attesterait d’ailleurs celle de ce double signifié potentiel : énoncé grossier vs énoncé non grossier. Nous nous attacherons donc à décrire ces proverbes, que nous qualifierons de burlesques, afin d’en proposer une catégorisation alliant thématique, sémantique et rhétorique. À partir de cette classification, nous tenterons d’exposer et de comprendre les mécanismes pragmatiques sous-jacents permettant à la grossièreté de se parer d’humour dans le contexte bien spécifique de la matière proverbiale. |
|---|