Madame Bovary ? elle habitait là-bas...

Dès la publication de Madame Bovary, des enquêtes ont commencé pour retrouver les modèles des personnages de Flaubert et les lieux véritables de l’histoire. Ce type de critique se poursuit : par exemple dernièrement Daniel Fauvel vient de découvrir un autre « cas Delamare ». Mon article rend compte...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/flaubert,
Auteur principal: Merello, Ida
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Flaubert 2022
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Dès la publication de Madame Bovary, des enquêtes ont commencé pour retrouver les modèles des personnages de Flaubert et les lieux véritables de l’histoire. Ce type de critique se poursuit : par exemple dernièrement Daniel Fauvel vient de découvrir un autre « cas Delamare ». Mon article rend compte des lectures de Madame Bovary faites, surtout en Normandie, depuis la parution de l’œuvre jusqu’à aujourd’hui, pour montrer de quelle façon on a tissé les liens entre la vie de Flaubert (et des gens qu’il a connus) et les personnages de son livre, jusqu’à créer de véritables intrigues, qui mettent aussi en jeu le nom de Bovary pour trouver nombre d’explications en rapport aux connaissances de l’écrivain. Des échos semblent donc partir du roman pour y revenir, enrichis d’une foule de petits détails qui essaient de pénétrer la biographie de l’auteur. C’est une autre façon de faire de la critique, pour arriver à saisir ce qui a déclenché l’imagination. Parmi ces fouilleurs du terroir, Georgette Leblanc-Maeterlinck cherche à gagner sa petite notoriété au début du XXe siècle, en superposant Emma à Delphine Delamare, comme si Flaubert n’avait voulu que brosser le portrait de celle-ci, et en retrouvant dans sa bonne le personnage de Félicité. Ce qui caractérise le petit livre de Georgette Leblanc-Maeterlinck, en plus de créer une illusion d’authenticité des lieux et des gens, dont on va jusqu’à présenter les photographies, est une attitude un peu maniérée de solidarité féminine avec Emma, au nom des nouvelles libertés que les femmes avaient su gagner depuis quelques années et dont elle-même était très fière.