Moloch en expansion
Salammbô, c’est nous. Nous comme héritiers du christianisme mais aussi, nous comme êtres humains, comme appartenant à ce genre humain dont Voltaire disait qu’on ne pouvait en lire l’histoire sans concevoir pour lui de l’horreur. Car c’est l’humanité historique dans son ensemble qui se trouve prise d...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/flaubert, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Flaubert
2009
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| Materias: | |
| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | Salammbô, c’est nous. Nous comme héritiers du christianisme mais aussi, nous comme êtres humains, comme appartenant à ce genre humain dont Voltaire disait qu’on ne pouvait en lire l’histoire sans concevoir pour lui de l’horreur. Car c’est l’humanité historique dans son ensemble qui se trouve prise dans l’accusation de molochisme et que Flaubert réunit pêle-mêle dans Carthage, toutes « races » confondues et se « barbarisant » les unes les autres, toutes religions mêlées et se dissolvant au contact les unes des autres. L’humanité est toute entière attachée à Moloch, ici et ailleurs, hier et aujourd’hui. Le molochisme envahit d’abord la Grèce, c’est-à-dire « nous » au sens où Flaubert l’entendait quand il reprochait à Sainte-Beuve de regretter dans Salammbô « que je n’aie point introduit parmi les Grecs un philosophe, un raisonneur chargé de nous faire un cours de morale, ou commettant de bonnes actions, un monsieur enfin “sentant comme nous” ». Le chemin sanglant de Moloch traverse toute l’Europe et c’est ainsi qu’il touche à une autre partie de nous-mêmes : la Gaule. La présence des Gaulois en arrière-plan de la description de Moloch ne relève pas davantage du remplissage que celle des Grecs dans la procession qui précède le sacrifice des enfants au chapitre XIII. Elle est motivée par le même souci d’envisager « Moloch » dans son épaisseur historique, théologique et anthropologique, dans ce que celui-ci a d’effroyablement totalisant. Les strates de textes qui s’accumulent sous lui construisent d’insondables fondations à la statue remise en service dans le chapitre de Salammbô qui porte son nom. Ce qui était épars est à nouveau rassemblé, ce qui était caché ressort : « Tous les temples à la fois » s’ouvrent pour faire escorte au « Baal suprême », et même ce qu’on ne comprend plus et dont on a perdu le sens resurgit pour l’occasion : « des idoles oubliées reparurent ». Pour avoir cessé d’être intelligible, cela n’en est pas moins présent. |
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