Le Græculus et la Chananéenne : Salammbô, le roman des traductions
Tout commence dans Salammbô par une traduction, c’est-à-dire une trahison. Le Grec Spendius, quand Hannon vient haranguer les mercenaires cantonnés à Sicca, déforme les propos du général carthaginois et déclenche la guerre. Ainsi, il s’impose d’emblée comme le maître de toutes les nations de l’armée...
Sábháilte in:
| Foilsithe in: | URI:https://journals.openedition.org/flaubert, |
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| Príomhchruthaitheoir: | |
| Formáid: | Article ou chapitre numérique |
| Teanga: | Français |
| Foilsithe / Cruthaithe: |
Flaubert
2012
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| Rochtain ar líne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Achoimre: | Tout commence dans Salammbô par une traduction, c’est-à-dire une trahison. Le Grec Spendius, quand Hannon vient haranguer les mercenaires cantonnés à Sicca, déforme les propos du général carthaginois et déclenche la guerre. Ainsi, il s’impose d’emblée comme le maître de toutes les nations de l’armée qu’il est seul à comprendre et donc à dominer. Durant tout le roman, il use de son pouvoir linguistique pour engendrer la violence. La translatio, dans Salammbô, c’est la captatio : la civilisation mise au service de la barbarie. L’autre figure traductrice du roman, l’héroïne elle-même, pratique la traduction comme un art de séduction – jusqu’à ce que Flaubert, dans un geste d’écriture que l’analyse génétique des brouillons permet d’observer, fasse tomber sur son roman et sur son personnage la malédiction de Babel, autrement plus grave que celle de Tanit. Salammbô est l’histoire d’un sens qui cesse de circuler, coupé, étranglé, gelé dans la bouche des interprètes morts. |
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