Le Bruit de l'amer: Time, Loss and Fossilized Romanticism in Madame Bovary
Des études récentes ont mis en lumière le « désordre temporel » d’Emma Bovary, son étrange inaptitude à produire un événement dans sa vie ou à intégrer le temps dans son expérience. Une scène clé à cet égard est celle où, curieusement, Emma échoue à pleurer la mort de sa mère alors même qu’elle met...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/flaubert, |
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| 1. Verfasser: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Flaubert
2012
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Des études récentes ont mis en lumière le « désordre temporel » d’Emma Bovary, son étrange inaptitude à produire un événement dans sa vie ou à intégrer le temps dans son expérience. Une scène clé à cet égard est celle où, curieusement, Emma échoue à pleurer la mort de sa mère alors même qu’elle met en place tout un rituel romantique du chagrin qui n’aboutit qu’à l’indifférence et à l’ennui. Élaborée à partir d’un schéma psychanalytique assez vaste qui englobe les dernières recherches sur le traumatisme et l’addiction, cette étude montre que cette scène est symptomatique d’une incapacité plus large à assimiler la perte, qui se manifeste à travers les problèmes d’ennui et d’addiction, ainsi que par l’incapacité générale d’Emma à s’orienter par rapport au passé. Les implications linguistiques de ce problème sont particulièrement importantes : un tel trouble temporel lié à un défaut de deuil peut en effet être lu précisément à travers les perturbations du langage qui en résultent. Dans la figure étrange et indéchiffrable de la mère Rollet, par exemple, on peut discerner l’aventure cryptique du langage qui se produit à partir du problème de la perte mal assimilée, la conspiration de mots qui conduit Emma au suicide par la mise en place de retours équivoques du signifiant. En dernier ressort, si l’échec d’Emma à faire le deuil de sa mère est révélateur d’une certaine inaptitude à faire le deuil du temps lui-même, cette scène initiale marque aussi l’incapacité ou le refus d’Emma de faire son deuil d’une esthétique morte. Quand Emma satisfait son goût pour l’imagerie romantique en écoutant « tous les chants de cygnes mourants », ce qu’elle n’entend pas est précisément le caractère stéréotypé et dégradé d’une telle imagerie, l’équivoque romantique se manifestant à travers un champ de signes mourants. |
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