« N’importe… » : s’être (ou s’avoir) aimé

L’Éducation sentimentale a donné lieu à des lectures divergentes, non seulement au XXe siècle, entre la vieille critique psychologisante et idéalisatrice et la critique textuelle éteignant les élans de la chair dans la stricte littérarité, mais dès la publication du roman : d’aucuns (rares) y sont s...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/flaubert,
Autor principal: Triaire, Sylvie
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Flaubert 2010
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:L’Éducation sentimentale a donné lieu à des lectures divergentes, non seulement au XXe siècle, entre la vieille critique psychologisante et idéalisatrice et la critique textuelle éteignant les élans de la chair dans la stricte littérarité, mais dès la publication du roman : d’aucuns (rares) y sont sensibles à la subtile et amère ironie qui décape le désir et en révèle l’essentielle inactivité, quand d’autres, plus nombreux, y stigmatisent la « concupiscence » généralisée. Le heurt de ces interprétations révèle la profonde ambiguïté d’un désir que le roman choisit de ne jamais fixer. L’examen de l’excipit est intéressant dans la mesure où s’y trouve activée cette indécision, selon des modalités particulières. Sur sa limite, en effet, le désir amoureux, que le roman a préalablement travaillé selon les deux axes antagonistes du platonisme ou de la chair, exacerbe et fond ces aspects. Se construit alors, fugacement, une représentation du désir échappant à l’alternative entre satisfaction et insatisfaction, pour apparaître comme énergie et tension configuratrice trouvant une résolution.- En somme, « n’importe », puisque, in extremis, quelque chose a lieu.