Un nouveau savoir politique et social du roman contemporain ?

Au début des années 1970, les différentes formes de la sociocritique semblaient occuper une position dominante dans le champ des recherches littéraires. Mais sous la double influence du poststructuralisme et de la déconstruction avait déjà commencé la marginalisation de ces approches (trop référenti...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/fixxion,
Egile nagusia: Asholt, Wolfgang
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Revue critique de fixxion française contemporaine 2023
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Au début des années 1970, les différentes formes de la sociocritique semblaient occuper une position dominante dans le champ des recherches littéraires. Mais sous la double influence du poststructuralisme et de la déconstruction avait déjà commencé la marginalisation de ces approches (trop référentielles), en France comme en Allemagne ou ailleurs. Il a fallu un certain temps pour s’apercevoir qu’au moment même où le poststructuralisme avait acquis une position dominante, un tournant s’était produit dans la littérature française, que l’on résume aujourd’hui généralement par “le retour au récit”. Il a fallu plus de temps encore pour que les recherches en littérature en fassent état. Mais l’emprise des positions poststructuralistes était telle que ce n’est que depuis peu qu’on redécouvre le savoir social spécifique de la littérature comme partie intégrante de son savoir démocratique.Cette contribution poursuit un double but : elle veut montrer l’interdépendance du savoir social et du savoir démocratique de la littérature et, grâce à deux exemples actuels, l’importance et les manifestations variées et contradictoires qui caractérisent ce savoir dans le roman contemporain. Ces deux exemples sont les derniers romans de Michel Houellebecq (La Carte et le territoire) et d’Yves Ravey (Un notaire peu ordinaire).Deux types romanesques (bien) différents qui véhiculent chacun à sa manière un nouveau savoir social impliquant un nouveau savoir démocratique. Cela ne suffit pas pour présupposer une nouvelle interdépendance entre le système des genres littéraire et le système social, y inclus celui de nos démocraties. Sans vraiment constituer une nouvelle “littérature sociale”, les deux exemples montrent au moins que la littérature s’est réapproprié le droit de manifester un savoir spécifique sur/de la vie et sur les bases sociales de notre démocratie.