La sorcière

Si nombreuses et diversifiées soient-elles, les représentations actuelles de la figure de la sorcière ne doivent pas nous masquer une réalité plus ancienne, touchant aussi bien à la transmission d’un héritage culturel et politique qu’à un phénomène épistémologique de plus grande ampleur, relatif à l...

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Библиографические подробности
Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/fixxion,
Главный автор: Hervé, Martin
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Revue critique de fixxion française contemporaine 2022
Предметы:
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Описание
Итог:Si nombreuses et diversifiées soient-elles, les représentations actuelles de la figure de la sorcière ne doivent pas nous masquer une réalité plus ancienne, touchant aussi bien à la transmission d’un héritage culturel et politique qu’à un phénomène épistémologique de plus grande ampleur, relatif à la postmodernité et à son rapport à l’irrationnel. Paradigmatique de ce qui s’apparenterait à un “réenchantement mélancolique” du monde, le personnage de sorcière, ressaisi dans le champ de la littérature contemporaine, semble prolonger toutefois sur un autre versant la question de la mélancolie. Car avec ce “personnage anamnésique”, c’est toujours une origine en souffrance ou une forme d’oubli qui trouve à se dire, sans que cela ne revienne pour autant à combler les trous d'une histoire résolument défaillante. Une histoire qui, au-delà de ses déclinaisons familiales ou collectives, apparaît en filigrane comme une histoire du sexe tenue en impasse, celle du genre, de la sexualité ou du désir, et que seul un acte d’énonciation semble capable de faire venir au jour, au péril parfois de l’insignifiance ou de l’effacement. À partir de La sorcière (1996) de Marie NDiaye, Quelqu’un s’approche (2000) de Mathieu Riboulet, Les sorcières de la République (2016) de Chloé Delaume et Frères sorcières (2019) d’Antoine Volodine, il s’agira donc de rendre compte des destins d’un personnage traditionnellement désigné comme détenteur des pouvoirs de la parole et qui assume dans les textes une fonction interstitielle de relais ou de porte-voix, comme si avec la sorcière semblait perdurer le rêve d'une certaine transitivité de la littérature, conjuguée désormais sur un mode mélancolique.