La reconstruction de l’adversaire chez Emmanuel Carrère
Cet article aborde la question du personnage non-conflictuel contemporain à partir de la figure de l’adversaire telle que l’a imaginée Emmanuel Carrère. Après diverses tentatives plus ou moins fructueuses, l’auteur de L’adversaire (2000) trouve dans le tueur Jean-Claude Romand un personnage qui donn...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/fixxion, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Revue critique de fixxion française contemporaine
2022
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Cet article aborde la question du personnage non-conflictuel contemporain à partir de la figure de l’adversaire telle que l’a imaginée Emmanuel Carrère. Après diverses tentatives plus ou moins fructueuses, l’auteur de L’adversaire (2000) trouve dans le tueur Jean-Claude Romand un personnage qui donne enfin toute sa force tragique au non conflit. Il ne s’agit pas de faire le portrait d’un être “monstrueux”, qui serait l’incarnation du Mal comme on le voit dans le roman noir, et encore moins de tenter de comprendre ou d’expliquer les motivations profondes d’un tel tueur. Il s’agit plutôt de faire exister cet adversaire en face du “je”, comme son vis-à-vis mais aussi comme son ennemi intérieur. L’histoire de Jean-Claude Romand s’entrelace ainsi à celle du “je”, et cela produit un compagnonnage terrifiant de vérité. Par-delà cet exemple, il ressort de cette étude que la puissance romanesque du personnage de l’adversaire existe en dehors de la fiction. Carrère plonge le lecteur dans ce que Pierre Senges appelle “la forêt profonde du réel”, là où le sujet se met non pas en scène, mais en danger. |
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