L’enfant, voix de la terreur et de la beauté. Une figure énonciative de la réconciliation dans Petit pays et En attendant Bojangles

La voix de l’enfant se fait entendre dans les récentes parutions romanesques, et notamment dans les romans appréciés des jurés de prix littéraires tels que Petit pays de Gaël Faye et En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. Leur point commun ? Du Burundi et du Rwanda en guerre à un Paris contempo...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/fixxion,
Autore principale: Ogier-Fares, Marie-Odile
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Revue critique de fixxion française contemporaine 2023
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:La voix de l’enfant se fait entendre dans les récentes parutions romanesques, et notamment dans les romans appréciés des jurés de prix littéraires tels que Petit pays de Gaël Faye et En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. Leur point commun ? Du Burundi et du Rwanda en guerre à un Paris contemporain à la vague coloration des années folles, c’est la voix de l’enfant qui prend en charge le récit. La posture énonciative de l’enfant est double, à la fois dans la tessiture de son regard et dans sa complexité chronologique qui fait qu’elle émerge d’un auteur adulte. Elle est souvenir d’une voix perdue, reconstruction littéraire, et en cela a partie liée avec la mélancolie telle qu’abordée par Starobinski. L’enfant est celui qui admire et jouit du spectacle infini du monde, et sait dénicher la beauté au cœur de l’horreur, mais il est également celui qui dit par son incompréhension l’absurdité du monde et sa cruauté. Sorte d’avatar moderne du Candide, du gentil sauvage ou de l’extraterrestre qui depuis Voltaire apportent sur le monde un regard neuf, il est donc l’héritier d’une longue lignée de figures littéraires du décalage. Mais il est aussi l’émergence d’une figure neuve en littérature, si l’on considère que l’enfant narrateur se développe au XIXe siècle, et accompagne après Rousseau et son Emile une autre conception de l’enfant. Il est celui qui n’a pas (encore) appris à taire ce qu’il pense et ce qu’il ressent. Les romans de notre corpus s’appuient sur le regard de l’enfant pour aborder des thèmes graves, ceux du génocide, et du traitement sociétal de la folie en occident. Il sauve la société qui, par ce regard survivant et malgré tout enchanté, garde espoir et s’allège d’une partie de sa culpabilité. Cet enfant-narrateur nous offre l’exemple de la résilience. Par-là il assure une fonction sociale dans le champ du littéraire.