L’écrivain dans la guerre des langues

On considère aujourd’hui que tout écrivain n’est monolingue que pour les apparences, et que son écriture relève toujours d'un rapport négocié aux langues qui traversent société et histoire. Tel contemporain assigne à l’auteur-artisan la mission de “gagner sa propre langue” contre les phraséolog...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/fixxion,
Egile nagusia: Magniont, Gilles
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Revue critique de fixxion française contemporaine 2023
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:On considère aujourd’hui que tout écrivain n’est monolingue que pour les apparences, et que son écriture relève toujours d'un rapport négocié aux langues qui traversent société et histoire. Tel contemporain assigne à l’auteur-artisan la mission de “gagner sa propre langue” contre les phraséologies du temps, quand l’autre entend “miner la belle langue” ou encore “châtier” le français du Grand Siècle: le pluriel de l’écrivain “et ses langues” est alors de contestation, ou tout au moins dialectique; chose curieuse, il semble souvent associer à telle ou telle langue un coefficient de vérité, une vertu politique, une dimension morale intrinsèque. C’est l’examen critique de ces langues de connotation et des hiérarchies afférentes qui est ici mené, avec en contrepoint l'évocation des textes de Céline Minard, où la bruyante collusion des idiomes n'a plus pour objet d'inscrire une hiérarchie, mais de donner à entendre un français impur.