S’autoriser à écrire l’Histoire en fiction : trucs et astuces

Cet article en recherche-création s’interroge sur le difficile processus de création de deux nouvelles noires, publiées dans deux recueils de nouvelles historiques aux Éditions du Caïman (C’est l’anarchie, 2020 ; Vive la Commune !, 2021). Les motifs d’empêchement externes à la rédaction se situent d...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/fixxion,
Egile nagusia: Jacquelin, Alice
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Revue critique de fixxion française contemporaine 2022
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Cet article en recherche-création s’interroge sur le difficile processus de création de deux nouvelles noires, publiées dans deux recueils de nouvelles historiques aux Éditions du Caïman (C’est l’anarchie, 2020 ; Vive la Commune !, 2021). Les motifs d’empêchement externes à la rédaction se situent d’abord sur un plan sociolittéraire – autour de questionnements sur ma posture d’écrivaine, mon engagement politique et le dispositif de la commande –, mais c’est un obstacle interne qui se dresse, plus infranchissable encore : comment écrire l’Histoire littérairement ? Selon quel régime écrire des fictions historiques ? Peut-on allier la dimension mémorielle et la véracité historique ? Où se situe la légitimité de l’écrivain·e par rapport à celle de l’historien·ne ? Comment “concilier sciences sociales et création littéraire” (Jablonka 2014, 11) ? Cette difficulté ultime est ensuite partiellement contournée grâce à la comparaison avec deux textes de référence, Les onze de Pierre Michon (Verdier, 2009) et Le roman noir de l’Histoire de Didier Daeninckx (Verdier, 2019), véritables béquilles et repoussoirs dans leurs modes de narration. Mais c’est finalement l’appui sur quelques trucs et astuces d’écriture qui libèrent l’écriture de toute entrave : le mode de l’enquête documentaire, l’usage d’archives, le passage par l’intermédialité et par l’errance testimoniale fonctionnent ici comme autant de modes d’autorisation personnels. Voici donc le cheminement intime d’une écriture empêchée vers une écriture autorisée du fait historique fictionnalisé, observé par le double regard critique de l’écrivaine et de l’universitaire.