Le “je” en porte-à-faux. Pratiques déceptives de l’écriture de soi chez Marie NDiaye et Camille Laurens
Le récit de soi ne compte pas généralement parmi les genres littéraires dans lesquels l’instance narrative a pour habitude de mentir, et l’idée de duplicité narrative semble de prime abord mal s’accommoder d’un pacte de lecture qui présuppose une exigence de sincérité. L’autofiction elle-même n’y dé...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/fixxion, |
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| 1. Verfasser: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Revue critique de fixxion française contemporaine
2022
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Le récit de soi ne compte pas généralement parmi les genres littéraires dans lesquels l’instance narrative a pour habitude de mentir, et l’idée de duplicité narrative semble de prime abord mal s’accommoder d’un pacte de lecture qui présuppose une exigence de sincérité. L’autofiction elle-même n’y déroge guère : la fiction, pour inventive qu’elle soit, n’équivaut pas au mensonge. Qu’en est-il en revanche lorsque la narration prend un malin plaisir à mener son lecteur en bateau et que la manipulation devient le parangon d’une esthétique introspective de nature déceptive, fondée sur la dissimulation ou sur le brouillage des pistes de lecture ? L’article se propose de détailler ces pratiques à travers l’analyse d’Autoportrait en vert de Marie NDiaye (2005) et de Celle que vous croyez de Camille Laurens (2016). Il s’agira, d’une part, de revenir sur la singularité de ces textes par rapport aux pratiques autofictionnelles en insistant sur les procédés de tromperie narrative à l’œuvre chez les deux romancières (dispersions énonciatives teintées de fantastique chez l’une ; démultiplications métaleptiques et cryptage virtuel chez l’autre). D’autre part, il nous faudra sonder les enjeux de ces écritures : car si les mises en scène contemporaines de la mauvaise foi tendent à s’inscrire dans une pratique littéraire volontiers ludique, Marie NDiaye et Camille Laurens livrent un discours plus sourdement critique qui questionne les modalités de la représentation féminine dans une société normative, et invite à lire la duplicité comme paradigme de résistance face à des conventions (littéraires, sociales, genrées) que les textes s’appliquent à enfreindre par l’usage de voix fallacieuses. |
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