Menteurs, salauds – et autres “mythomanes” littéraires

Si, du côté des écrivains, on peut estimer que l’ère du soupçon a graduellement cédé la place à l’ère du scrupule, du côté des lecteurs, en revanche, il semble bien que l’adoption d’une attitude soupçonneuse soit toujours, et peut-être plus que jamais, d’actualité. Bien des raisons d’ordre sociologi...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/fixxion,
Autore principale: Wagner, Frank
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Revue critique de fixxion française contemporaine 2022
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Si, du côté des écrivains, on peut estimer que l’ère du soupçon a graduellement cédé la place à l’ère du scrupule, du côté des lecteurs, en revanche, il semble bien que l’adoption d’une attitude soupçonneuse soit toujours, et peut-être plus que jamais, d’actualité. Bien des raisons d’ordre sociologique ou épistémologique permettent de le comprendre ; mais sur le terrain proprement littéraire également, nombre d’explications à cette rémanence du soupçon chez les lecteurs peuvent être repérées. À commencer par la multiplication des narrateurs suspects. C’est ce qu’on souhaiterait établir ici. Après une brève mise au point théorique sur la question du narrateur “non fiable” seront successivement abordés les cas de narrateurs “menteurs” (chez Robbe-Grillet, Perec, Echenoz et Ravey), dont il s’agira de cerner degrés et modalités de la non-fiabilité factuelle ; puis les cas de narrateurs “salauds” (chez Littell, Émond, Viel et Toussaint), dont il conviendra de scruter l’hypothétique défaut de crédit idéologique. Il sera alors temps d’examiner l’effet de ces narrateurs suspects sur le pacte qui traditionnellement unit auteurs et lecteurs de fiction.