Écrire ou continuer à ne pas mourir : vulnérabilité, finitude et survie dans les non-fictions “sportives” d’Emmanuel Carrère et Mikella Nicol

Cet article propose une lecture croisée de deux œuvres de non-fiction qui interrogent la vulnérabilité et la mort à travers les pratiques de l’entraînement physique et méditatif : Yoga (2020) d’Emmanuel Carrère et Mise en forme (2023) de Mikella Nicol. Dans ces textes, la méditation et le fitness ne...

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הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/fixxion,
מחבר ראשי: Collette, Frédérique
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Revue critique de fixxion française contemporaine 2026
נושאים:
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:Cet article propose une lecture croisée de deux œuvres de non-fiction qui interrogent la vulnérabilité et la mort à travers les pratiques de l’entraînement physique et méditatif : Yoga (2020) d’Emmanuel Carrère et Mise en forme (2023) de Mikella Nicol. Dans ces textes, la méditation et le fitness ne relèvent pas simplement du bien-être ou de la maîtrise de soi ; ils deviennent des expériences-limites où se révèle la fragilité des sujets, qui prennent différemment conscience de leur finitude. Alors que Carrère met en scène l’impermanence du vivant que révèle la méditation, Nicol élabore une pensée située de la finitude en dénonçant une vulnérabilité contingente, genrée, que l’entraînement physique contribue paradoxalement à intensifier. J’analyserai d’abord comment le yoga et l’entraînement constituent des lieux de rencontre avec soi à partir desquels s’éprouve l’inévitabilité de la mort. Je m’intéresserai ensuite à la poétique de la vulnérabilité propre à ces œuvres. Malgré leurs différences formelles, les deux textes déploient une écriture vacillante qui met en scène l’altération des sujets et inscrit une oscillation constante entre mouvement et apathie, vie et mort. L’écriture apparaît toutefois, chez Nicol et Carrère, comme un geste de résistance et de survie : une manière d’appréhender la mort tout en se tenant dans la vie.