De la « perception » musicale et de la musique
S’agissant de la musique, le mot « perception » doit être mis entre guillemets phénoménologiques : il ne peut y être question ni d’une succession de perceptions de sons chaque fois présents, ni d’une sorte d’intégrale d’une pareille succession (selon un modèle tout mathématique), mais, dans la mise...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/filigrane, |
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Filigrane
2024
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | S’agissant de la musique, le mot « perception » doit être mis entre guillemets phénoménologiques : il ne peut y être question ni d’une succession de perceptions de sons chaque fois présents, ni d’une sorte d’intégrale d’une pareille succession (selon un modèle tout mathématique), mais, dans la mise entre parenthèses de la réalité matérielle des sons, d’une « perception » par la phantasia (qui n’est pas l’imagination comme mise en images) de cette étrange « réalité » (Sachlichkeit) immatérielle qu’est la musique en tant que phénomène de langage - disant autre chose qu’elle-même comme purement sonore, en temporalisant du sens (ou des sens) en présence se faisant et sans présent assignable, par-delà les cadres de telle ou telle langue musicale instituée. En ce sens, le compositeur, s’il est véritablement créatif, cherche à dire quelque chose, l’auditeur comprend la musique par une mimèsis active, non spéculaire, et du dedans, et l’interprète est le médiateur qui, par sa propre mimèsis, du même type, refait la musique en y coulant son corps vivant et son affectivité - en surmontant tant la « mécanique » de son corps physique que les effets virtuoses de son narcissisme. En ce sens, la musique n’a rien à avoir avec la production et la réception physiques et psychiques de signaux. |
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