Métrique, rythme et dissolution de l’individu dans la Volksmusik et les Volkslieder de l’Allemagne nazie

Tâche délicate de définir l’acception du rythme qui nous concerne et fera l’objet de notre étude. Tout d’abord celle que formule Kofi Agawu : « Des éléments récurrents et alternés, forts ou faibles, longs ou courts, qui structurent le flux de son et de silence du discours ». Ensuite l’ordonnancement...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/filigrane,
Autor Principal: Petit, Élise
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Filigrane 2024
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Tâche délicate de définir l’acception du rythme qui nous concerne et fera l’objet de notre étude. Tout d’abord celle que formule Kofi Agawu : « Des éléments récurrents et alternés, forts ou faibles, longs ou courts, qui structurent le flux de son et de silence du discours ». Ensuite l’ordonnancement du chaos selon Natorp, et celui du mouvement selon Platon : en bref, le rythme comme organisation, encadrement du temps. Mais aussi et surtout sa dimension potentiellement tyrannique : la prise en charge, l’occupation et même le quadrillage, la dictature du temps frappent l’attention lorsque l’on s’attache à l’étude du système national-socialiste qui a été effectif de 1933 à 1945 : régime totalitaire et exterminateur, il a eu pour ambition de diriger les arts — en particulier la musique — et, à travers eux, de façonner un peuple nouveau. Durant ces années, la Volksmusik ou « musique du peuple » plébiscitée par le régime — et les Volkslieder (« chants du peuple ») en particulier — a été pulsée, mesurée : encadrée, tyrannisée ; elle a participé à l’entreprise de destruction de la personnalité des individus, et à la fusion des artistes et du peuple tout entier dans une vaste masse aryenne ancrée dans le sol et la germanité, et dévouée à son « guide », le Führer.