Helmut Lachenmann en son lieu

Depuis La Petite Fille aux allumettes, Helmut Lachenmann a étudié certains des ouvrages majeurs de la philosophie moderne japonaise, notamment ceux de Nishida, Nishitani et Ueda, ainsi que des anthologies de l’école de Kyoto. Nun, pour flûte, trombone, orchestre et huit voix d’hommes, illustre admir...

Cur síos iomlán

Sábháilte in:
Sonraí bibleagrafaíochta
Foilsithe in:URI:https://journals.openedition.org/filigrane,
Príomhchruthaitheoir: Feneyrou, Laurent
Formáid: Article ou chapitre numérique
Teanga:Français
Foilsithe / Cruthaithe: Filigrane 2024
Rochtain ar líne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Cur síos
Achoimre:Depuis La Petite Fille aux allumettes, Helmut Lachenmann a étudié certains des ouvrages majeurs de la philosophie moderne japonaise, notamment ceux de Nishida, Nishitani et Ueda, ainsi que des anthologies de l’école de Kyoto. Nun, pour flûte, trombone, orchestre et huit voix d’hommes, illustre admirablement les conséquences de cette ontologie religieuse sur l’écriture musicale et la pensée de Lachenmann. L’œuvre cite en effet un extrait du Lieu de Nishida (« Le moi n’est pas une chose, mais un lieu ») et en considère surtout trois notions essentielles : celui de lieu, précisément, que la langue japonaise dit basho, que d’aucuns associent à la khôra platonicienne et qui défie la logique de non-contradiction ; celui de néant absolu (kû), qui radicalise ce que Nishitani a nommé la nihilité nietzschéenne, retournée en vacuité, ouverture infinie des choses, du monde et de soi ; celui d’entre (aida) enfin, en tant que ce qui est à la source de Nun, mais aussi, sans doute, de toute musique, c’est la relation. Ce sont ces trois concepts dont l’article décline les résonances compositionnelles et idéelles.