La question du judaïsme chez Steve Reich : Dépersonnalisation, personnalisation, universalité

De Tehillim (1981) à The Cave (1993), la démarche artistique de Steve Reich (né en 1936) semble se développer parallèlement à une quête identitaire profonde. En effet, alors peu concerné par la religion, le New-Yorkais décide en 1974 de s’intéresser à ses racines juives et pendant une période de 20...

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Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/filigrane,
Glavni autor: Bodon-Clair, Jérôme
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Filigrane 2024
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:De Tehillim (1981) à The Cave (1993), la démarche artistique de Steve Reich (né en 1936) semble se développer parallèlement à une quête identitaire profonde. En effet, alors peu concerné par la religion, le New-Yorkais décide en 1974 de s’intéresser à ses racines juives et pendant une période de 20 ans, cette interrogation, de et sur, sa judéité ne cessera de contaminer ses compositions. Ainsi, après une nécessaire période d’apprentissage, Reich écrit en 1981, sa première oeuvre d’inspiration religieuse, Tehillim, en s’inspirant des psaumes. Ce premier essai s’avère déterminant et s’il n’interroge finalement « que » le rôle du compositeur par rapport à une tradition, ouvre à Reich, qui pour la première fois fait entrer le texte dans son art, une foule de possibles compositionnels. Different trains (1988) questionne Reich sur sa condition de juif et met en parallèle son histoire personnelle avec l’Histoire majuscule (l’holocauste) d’un peuple opprimé. Avec la découverte primordiale de la speech melody (basée sur des interviews), le compositeur glisse du personnel au collectif, du je au nous (entendre « nous peuple juif »). Enfin, avec The Cave (1990-1993), Reich va finir par considérablement étirer la problématique religieuse pour la délayer dans des considérations plus universelles. Avec cet opéra/documentaire pour le moins novateur, le New-Yorkais s’ouvre définitivement à l’humain, couronnant une trajectoire tout en variations de plans, du je au nous puis au on, du personnel à l’universel.