L’ethnomusicologie fonctionnelle face à la globalisation : défi ou utopie ?
Le problème de la sauvegarde des musiques locales fut dans un premier temps posé avec beaucoup de candeur selon une logique muséographique qui est vite devenue caduque. À la rigueur, les vestiges des civilisations éteintes pouvaient être transformés en objets d’exposition, mais il n’est guère censé...
Spremljeno u:
| Izdano u: | URI:https://journals.openedition.org/filigrane, |
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| Glavni autor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Filigrane
2024
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| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | Le problème de la sauvegarde des musiques locales fut dans un premier temps posé avec beaucoup de candeur selon une logique muséographique qui est vite devenue caduque. À la rigueur, les vestiges des civilisations éteintes pouvaient être transformés en objets d’exposition, mais il n’est guère censé de traiter les pratiques vivantes des civilisations contemporaines de la même manière, surtout lorsqu’elles sont prises dans le tsunami de la globalization galopante. Rien ne prouve non plus que le grand brassage de la world music — dissociant sans discernement les pratiques musicales locales de leur contexte et « bricolant » outrancièrement les langages musicaux qu’elles ont générés — puisse contribuer réellement à la sauvegarde des moyens de création propres à l’oralité musicale. Tout comme le musée, la scène où elles brillent de leur dernier feu de paille risque bien de devenir le cimetière des pratiques musicales locales « défonctionnalisées ». À tout prendre, le patient travail monographique des ethnomusicologues et sa transmission en retour dans les populations locales où il a été effectué sont un espoir de sauvegarde plus réaliste que l’emprunt ou la transplantation. Il est, en effet, de nature à déclencher un processus de renaissance durable si les populations concernées consentent à prendre le relais. Il y a également beaucoup à espérer de la floraison récente des musiques dites « néo-traditionnelles » que l’on devrait considérer comme prioritaires s’il était permis de définir des priorités en matière de sauvegarde et de soutien. |
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