Réinventer l’héritage chorégraphique

L’article entend analyser comment la modernité en danse pratique-t-elle le dialogue fondamental à toute société entre les morts et les vivants et à quelles conditions elle peut entretenir la dynamique d’un geste chorégraphique qui, pourtant, ne s’est inscrit sur aucune partition chorégraphique, si c...

ver descrição completa

Na minha lista:
Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/filigrane,
Autor principal: Launay, Isabelle
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Filigrane 2024
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L’article entend analyser comment la modernité en danse pratique-t-elle le dialogue fondamental à toute société entre les morts et les vivants et à quelles conditions elle peut entretenir la dynamique d’un geste chorégraphique qui, pourtant, ne s’est inscrit sur aucune partition chorégraphique, si ce n’est dans la mémoire de corps humains. L’invention d’un tel projet mémoriel ne peut être que spécifique à chaque œuvre chorégraphique s’il désire échapper aux logiques mercantiles patrimoniales dominantes aujourd’hui. Il doit non seulement s’émanciper de la commande du « devoir de mémoire » pour activer les puissances d’un désir de mémoire, mais encore des limites d’une tradition orale marquée par la notion d’héritage et le modèle généalogique de la transmission qui le sous-tend. Transmettre, c’est alors repenser l’archive si elle s’inscrit à même le corps, réinventer de la partition en élaborant des surfaces d’inscription de l’événement ou de nouveaux cadres d’expérience, et tisser un art de la relation. A travers l’exemple de l’œuvre de Dominique Bagouet, transmise aujourd’hui par les soins d’un collectif de danseurs, les Carnets Bagouet, c’est à une redéfinition de la notion de « répertoire », à une dialectique entre histoire et mémoire, écriture et kinesthésies, que nous sommes invités pour rendre justice à la mouvance des œuvres en danse, comme à l’hétérogénéité des temps qui nous habitent.