« Une grande vitesse d’échappement »
L’écriture de Samuel Beckett entretient un rapport de non-évidence au monde, elle élabore une relation biaisée. La notion d’« empêchement » évoquée par Beckett à propos de la peinture décrit ce rapport sous une forme négative qui semble rejoindre certaines propositions d’Adorno concernant la nouvell...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/filigrane, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Filigrane
2024
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | L’écriture de Samuel Beckett entretient un rapport de non-évidence au monde, elle élabore une relation biaisée. La notion d’« empêchement » évoquée par Beckett à propos de la peinture décrit ce rapport sous une forme négative qui semble rejoindre certaines propositions d’Adorno concernant la nouvelle musique. Dans les textes en prose de Beckett à partir des années soixante, l’« image » devient centrale et elle met en jeu une apparition paradoxale du monde. Les images impliquent dans l’écriture un processus d’imagement caractérisé d’abord par son aspect progressif et non-immédiat qui diffère toute saisie. Plus encore, l’imagement repose sur les lacunes de l’écriture et l’amoindrissement du langage. Ce que Beckett nomme « mal vu mal dit » dans le texte du même nom souligne l’importance des hiatus pour l’écriture des images. Cependant, le processus d’imagement, progressif et lacunaire ne retire pas définitivement le monde de l’écriture, il fait apparaître au contraire dans les textes de Beckett une présence fugitive. En effet, le monde se définit pas sa « vitesse d’échappement » et, selon l’auteur, l’écriture et les arts en général se doivent de respecter et d’inscrire, sans la figer, cette dimension dynamique. |
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