Les Belles rendormies. Féeries fin-de-siècle
Le conte de « La Belle au bois dormant » connaît d’innombrables versions scéniques au xixe siècle — opéra, féerie, comédie en vers —, inspirant aussi bien les scènes à succès que des tentatives littéraires et théâtrales plus exigeantes : La Belle au bois dormant de Jean Richepin et Henri Cain, mise...
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Féeries
2015
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openedition-oai:revues.org:feeries_974 https://doi.org/10.4000/feeries.974 urn:doi:10.4000/feeries.974 fr https://journals.openedition.org/feeries/974 2015-10-26T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/gayz All rights reserved Les Belles rendormies. Féeries fin-de-siècle Féeries UGA Éditions - Université Grenoble Alpes info:eu-repo/semantics/reference/issn/1957-7753 info:eu-repo/semantics/reference/issn/1766-2842 URI:https://journals.openedition.org/feeries Lucet, Sophie Le conte de « La Belle au bois dormant » connaît d’innombrables versions scéniques au xixe siècle — opéra, féerie, comédie en vers —, inspirant aussi bien les scènes à succès que des tentatives littéraires et théâtrales plus exigeantes : La Belle au bois dormant de Jean Richepin et Henri Cain, mise en scène par Sarah Bernhardt en 1907 condense ainsi un héritage thématique et spectaculaire représentatif de cette fortune théâtrale du conte. Le réveil de la Belle, tout particulièrement, peut être identifié comme un motif privilégié de l’idéalisme poétique, et bientôt comme l’expression convenue des aspirations contemporaines au ré-enchantement d’une réalité que menace la modernité destructrice. Inversant et déplaçant de manière significative la dynamique du conte — le réveil problématique, le refus du monde, l’exil, la quête douloureuse, les prestiges du songe —, les poètes symbolistes en font à leur tour une figure imposée du pessimisme fin-de-siècle et l’occasion d’une mise à l’épreuve des pouvoirs de la représentation théâtrale, dans le poème (Henri de Régnier, Gustave Kahn…) et sur les scènes d’art (Henri Bataille, Gabriel Trarieux, Maurice Maeterlinck). The fairy tale “Sleeping Beauty” was staged innumerable times in the 19th century, as opera, extravaganza (the genre “féerie”), and verse drama, both in productions meant for a wide audience and stagings that were more demanding in their literary and theatrical ambitions : La Belle au bois dormant by Jean Richepin and Henri Cain, directed by Sarah Bernhardt in 1907, thus sums up a thematic and spectacular heritage representative of the theatrical fortunes of the fairy tale. The awakening of the sleeping beauty in particular can be identified with a favored motif of poetic idealism, soon to become the conventional expression of a contemporary desire to re-enchant reality, endangered by destructive modernity. Inverting and displacing the dynamics of the fairy tale—the problematic reawakening, the rejection of the world, exile, the painful quest, the commanding prominence of dreams—symbolist poets in turn brought it to the fore as an inevitable figure of fin-de-siècle pessimism, providing the opportunity to test the powers of theatrical representation, in poetry (Henri de Régnier, Gustave Kahn...) and on the stage (Henri Bataille, Gabriel Trarieux, Maurice Maeterlinck). |
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Le conte de « La Belle au bois dormant » connaît d’innombrables versions scéniques au xixe siècle — opéra, féerie, comédie en vers —, inspirant aussi bien les scènes à succès que des tentatives littéraires et théâtrales plus exigeantes : La Belle au bois dormant de Jean Richepin et Henri Cain, mise en scène par Sarah Bernhardt en 1907 condense ainsi un héritage thématique et spectaculaire représentatif de cette fortune théâtrale du conte. Le réveil de la Belle, tout particulièrement, peut être identifié comme un motif privilégié de l’idéalisme poétique, et bientôt comme l’expression convenue des aspirations contemporaines au ré-enchantement d’une réalité que menace la modernité destructrice. Inversant et déplaçant de manière significative la dynamique du conte — le réveil problématique, le refus du monde, l’exil, la quête douloureuse, les prestiges du songe —, les poètes symbolistes en font à leur tour une figure imposée du pessimisme fin-de-siècle et l’occasion d’une mise à l’épreuve des pouvoirs de la représentation théâtrale, dans le poème (Henri de Régnier, Gustave Kahn…) et sur les scènes d’art (Henri Bataille, Gabriel Trarieux, Maurice Maeterlinck). |
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