Ces images qui (dé)trompent… Pour une lecture iconotextuelle des recueils manuscrit (1695) et imprimé (1697) des contes de Perrault

On nous a tellement habitués à penser aux contes de Perrault en termes de figures et d’histoires indépendantes que l’on a tendance à oublier le fait que l’édition originale des Histoires ou contes du temps passé. Avec des Moralitéz de 1697 les présente comme un tout, comme une suite significative de...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Autor principal: Heidmann, Ute
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Féeries 2014
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:On nous a tellement habitués à penser aux contes de Perrault en termes de figures et d’histoires indépendantes que l’on a tendance à oublier le fait que l’édition originale des Histoires ou contes du temps passé. Avec des Moralitéz de 1697 les présente comme un tout, comme une suite significative de textes et d’images (frontispice, médaillon, vignettes). La présente étude propose une lecture iconotextuelle comparative du recueil manuscrit d’apparat de 1695, offert à Élisabeth Charlotte d’Orléans, nièce de Louis XIV, et du recueil imprimé de 1697, en commençant par la page de titre, et en allant de texte en image et d’image en texte dans l’ordre précis dans lequel ils se suivent. La dynamique iconotextuelle résulte d’une façon particulière de faire interagir textes et images au fil d’une lecture qui consiste tour à tour à tromper le lecteur par l’image et à le détromper par le texte qui suit, ou inversement. Au lieu de fonctionner comme des illustrations, les images introduisent un décalage par rapport à ce que dit le texte. Le lecteur qui lit l’iconotexte avec le « degré de pénétration » recommandée à sa lectrice emblématique est rendu attentif à ces décalages par un certain nombre d’indices auxquels il est invité à donner sens. Cette « technique du décalage », qui paraît très moderne en 1697, s’inscrit dans un processus très complexe auquel Perrault recourt non seulement sur le plan iconotextuel, mais aussi sur le plan intertextuel, pour offrir un aperçu subversif de la politique maritale abusive en vigueur sous l’Ancien Régime.