Variation contemporaine sur Jean de l’Ours : La Peau de l’ours de Joy Sorman

C’est moins à un conte qu’à un personnage de conte et à ce qu’il nous dit de l’évolution des rapports entre l’homme et la bête que cet article voudrait s’intéresser. Ce personnage c’est celui de Jean de l’Ours, héros du conte 301B de la classification ATU. Joy Sorman en fait le héros d’un roman très...

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Bibliographic Details
In:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Main Author: Lemaire, Julie
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Féeries 2026
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:C’est moins à un conte qu’à un personnage de conte et à ce qu’il nous dit de l’évolution des rapports entre l’homme et la bête que cet article voudrait s’intéresser. Ce personnage c’est celui de Jean de l’Ours, héros du conte 301B de la classification ATU. Joy Sorman en fait le héros d’un roman très librement inspiré du conte originel et intitulé La Peau de l’ours. Dans ce récit paru en 2014, l’autrice tente de renouer avec le temps des contes, reprenant pour cela les principaux motifs de l’histoire initiale, à commencer par l’union de la femme et de l’ours, point de départ d’une quête qui se transforme en une véritable descente aux Enfers. Contrairement au héros du conte d’origine, son ours ne connaît toutefois nulle assomption, restant prisonnier de sa condition de bête. De ce point de vue, le récit semble témoigner d’une forme de désenchantement qui appartient peut‑être moins à l’animal qu’à l’époque. La fable est en effet ici rattrapée par la science, qui rend difficile toute croyance au merveilleux. Dès lors, il s’agira de montrer comment l’écriture romanesque prend ici le relais du conte, tentant de reformer les liens d’une communauté perdue entre l’homme et l’animal, celle‑là même qui forme la trame du récit d’origine. Le lecteur est ainsi amené à se mettre dans la peau de l’ours des contes, expérimentant une proximité nouvelle avec l’animal, dans une forme renouvelée de merveilleux, qui puise aussi ses racines dans les avancées de l’éthologie contemporaine.