Musique sur l’eau : Rusalka de Dvořák et l’histoire de Mélusine
L’opéra féerique Rusalka d’Antonín Dvořák rassemble plusieurs contes européens qui parlent de sirènes. Le librettiste, Jaroslav Kvapil, a souvent déclaré que ses sources étaient trois versions du xixe siècle qui avaient reformulé ces contes : Ondine de Friedrich de La Motte-Fouqué (1811), le conte...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/feeries, |
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| Egile nagusia: | |
| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Féeries
2011
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| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | L’opéra féerique Rusalka d’Antonín Dvořák rassemble plusieurs contes européens qui parlent de sirènes. Le librettiste, Jaroslav Kvapil, a souvent déclaré que ses sources étaient trois versions du xixe siècle qui avaient reformulé ces contes : Ondine de Friedrich de La Motte-Fouqué (1811), le conte de Hans Christian Andersen La Petite Sirène (1837) et la pièce de Gerhard Hauptmann La Cloche engloutie. Kvapil et Dvořák connaissaient également les légendes de sirènes slaves, encore appelées rusalki. Une autre source importante, bien que celle-ci soit restée non reconnue, est l’histoire médiévale, en langue française, de Mélusine qui avait migré et survécu à travers toute l’Europe. Le destin de Rusalka, qui est isolée à la fois dans le monde humain mais aussi surnaturel, ressemble beaucoup à celui de Mélusine. Le traitement magique par Dvořák du livret de Kvapil est influencé par les échos de l’histoire de Mélusine qui courent en filigrane dans l’opéra. L’histoire française de Mélusine, dans ses transformations pan-européennes, a fini par devenir partie intégrante d’un renouveau apparemment bien « tchèque » de l’opéra et de la tradition du conte de fées. Paradoxalement, le traitement de l’ancienne matière féerique par Dvořák a signifié son entrée dans la modernité et sa manière de renouveler l’opéra, comme ce fut également le cas pour des compositeurs plus tardifs tels que Debussy, Bartók et Richard Strauss. |
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