Habiter un corps de petit chien à la première personne : déplacement de point de vue et corporéité animale dans l’Histoire véritable de Montesquieu et Le Petit Toutou de Galli de Bibiena

L’article interroge le procédé de la projection de la voix narrative dans un corps d’animal en prenant l’exemple particulier du chien de salon ou « lapdog », un cliché narratif réinvesti et réorienté dans des visées diverses. L’évolution de la conception de l’identité, du statut des sens et de la pl...

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Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Glavni autor: Magnot-Ogilvy, Florence
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Féeries 2026
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:L’article interroge le procédé de la projection de la voix narrative dans un corps d’animal en prenant l’exemple particulier du chien de salon ou « lapdog », un cliché narratif réinvesti et réorienté dans des visées diverses. L’évolution de la conception de l’identité, du statut des sens et de la place de la sensibilité dans la construction de la conscience provoque, entre la fin du xviie et le xviiie siècle, de nouvelles manières d’investir le procédé littéraire de l’incarnation d’une « âme » dotée d’une parole verbalisée dans un corps d’animal. Initialement et essentiellement déplacement critique du point de vue, le procédé devient expérience de pensée et projection dans un corps animal : chez Montesquieu, il s’agit d’une tentative d’imaginer la souffrance de l’autre, chez Bibiena, il s’agit au contraire de projeter le fantasme d’un plaisir éprouvé par l’autre. La différence du traitement illustre la plasticité du « trope » du petit chien et de la plongée imaginaire dans un corps-objet qu’il propose aux écrivains qui l’orientent en fonction de leurs valeurs éthiques.