De proche en proche. Caresses interspécifiques et tentation zoophile dans les contes de fées littéraires français de la fin du xviie siècle
Les contes de fées littéraires français de la fin du xviie siècle mettent en scène de nombreuses formes de proximité physique entre les humains et les animaux au point que l’échange de caresses entre un personnage humain et un animal en constitue un motif topique. Reposant souvent sur la confusion e...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/feeries, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Féeries
2026
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| Matèries: | |
| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Les contes de fées littéraires français de la fin du xviie siècle mettent en scène de nombreuses formes de proximité physique entre les humains et les animaux au point que l’échange de caresses entre un personnage humain et un animal en constitue un motif topique. Reposant souvent sur la confusion entre une bête et un humain métamorphosé en animal, les scènes zoophiles perturbent l’évidence de la frontière entre caresses entre pairs et celles réservées aux bêtes. L’érotisation du motif de la caresse confère un degré supplémentaire de matérialité et de densité charnelle aux corps animaux qui, parce qu’elle implique davantage le protagoniste humain dans l’échange physique, rend pourtant la portée de ces scènes plus ambivalente. Sans minimiser la dimension symbolique des contes qui tend pourtant à rabattre trop systématiquement l’animal sur l’animalité, on pourrait plutôt repartir de la littéralité des contes et « réanimaliser » ces récits pour y repérer la présence des corps animaux et mettre en lumière les effets d’interférence entre le sens littéral et le sens figuré des textes. Si les scènes de contiguïté entre les humains et les animaux semblent en apparence brouiller la frontière qui sépare l’homme de la bête, le motif de la caresse interspécifique soulève la question suivante : est‑il pertinent de penser qu’il existerait une frontière fondée en raison qui déciderait d’un seuil au‑delà duquel l’attachement d’une femme à son animal de proximité serait excessif ? Sonder les situations où la proximité peut basculer dans la contiguïté permet d’examiner les enjeux sociaux et moraux des liminarités interspécifiques comme le renouvellement poétique de la tentation zoophile des contes de fées littéraires de la fin du xviie siècle. |
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