Du conte oriental comme encyclopédie narrative

L’intérêt de l’art de Gueullette parmi les romanciers de son temps serait d’avoir produit une machinerie littéraire entièrement conçue pour tirer du narrable de tous les secteurs de la Bibliothèque, et notoirement des branches de discours réputées prétendre au savoir et à la vérité – et, qu’il l’ait...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Egile nagusia: Perrin, Jean-François
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Féeries 2010
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id openedition-oai:revues.org:feeries_714
record_format openedition
spelling openedition-oai:revues.org:feeries_714 https://doi.org/10.4000/feeries.714 urn:doi:10.4000/feeries.714 fr https://journals.openedition.org/feeries/714 2010-09-15T02:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/gaxa All rights reserved Du conte oriental comme encyclopédie narrative Féeries UGA Éditions - Université Grenoble Alpes info:eu-repo/semantics/reference/issn/1957-7753 info:eu-repo/semantics/reference/issn/1766-2842 URI:https://journals.openedition.org/feeries Perrin, Jean-François L’intérêt de l’art de Gueullette parmi les romanciers de son temps serait d’avoir produit une machinerie littéraire entièrement conçue pour tirer du narrable de tous les secteurs de la Bibliothèque, et notoirement des branches de discours réputées prétendre au savoir et à la vérité – et, qu’il l’ait voulu ou non, d’avoir offert à ses lecteurs matière à comparer, à croiser, à hybrider discours de savoir et matière de fiction. Dans le recueil des Contes Chinois, on s’intéressera d’abord au travail proprement didactique de Gueullette, dans son utilisation de sa documentation pour l’information des lecteurs. On étudiera ensuite la dimension critique de la poétique du récit cadre envisagé comme dispositif de relecture sceptique des cadres idéologiques sous-tendant l’hypotexte documentaire dont il est inspiré. On poursuivra en travaillant, à partir de quelques thèmes symptomatiques (métempsycose, tabou de l’inceste), les enjeux de la reprise dans les séquences contées elles-mêmes, d’une matière issue ou plagiée de la documentation orientale ou des récits de voyage. Dans le recueil des Sultanes de Guzarate, on verra comment Gueullette développe son style très équivoque de l’« insert » didactique, en bas de page ou directement dans le récit, puis on reprendra la question du « métafictionnel », ici explicitement reliée à la polyphonie énonciative d’un récit cadre où les narrateurs/auditeurs ne s’assurent d’un savoir qu’à le rapporter à une culture partagée du monde des fictions. On réfléchira enfin à la portée de l’importation de longs extraits d’un étrange document d’époque sur la religion musulmane, pour esquisser une idée de la façon dont ce recueil fait insister ce qu’on pourrait appeler la question de la vérité comme effet de texte. The most intriguing aspect of Gueullette’s art as a storyteller comes from his ability to create a literary machine entirely geared towards the extraction of narrative raw materials from any book in the human Library, especially from those which claim to deal with science and truth. Whatever his intentions may have been, he thus offers his readers a tool for comparing and mixing discourses of knowledge with the stuff of fiction. In his Chinese Tales, we first study the didactic way in which he addresses his documentation to the reader. Second, we examine the critical dimension of his framing tale’s poetic, which suggests a sceptic reading of the ideological systems on which his documentary sources relied. Through themes like metempsychosis and the incest taboo, we then study the consequences of the way in which material borrowed from d’Herbelot’s Bibliothèque orientale or from travellers’ journals is inserted in the framed stories themselves. In The Sultanas of Guzarate, we analyze Gueullette’s very ambiguous style of didactical insertions in the footnotes or in the narration itself; second, we take a look at the question of “metafictionality”, strongly related here to the polyphonical enunciation in the framing story, where listeners and narrators agree on situating themselves through a common reference to the old fictions’ world. Finally, we try to appreciate the stakes of the long quote taken from a strange 18th century document about Islam, in order to formulate a hypothesis on the Sultana’s insistence to present truth as “a textual effect”.
collection OpenEdition Journal
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/
description L’intérêt de l’art de Gueullette parmi les romanciers de son temps serait d’avoir produit une machinerie littéraire entièrement conçue pour tirer du narrable de tous les secteurs de la Bibliothèque, et notoirement des branches de discours réputées prétendre au savoir et à la vérité – et, qu’il l’ait voulu ou non, d’avoir offert à ses lecteurs matière à comparer, à croiser, à hybrider discours de savoir et matière de fiction. Dans le recueil des Contes Chinois, on s’intéressera d’abord au travail proprement didactique de Gueullette, dans son utilisation de sa documentation pour l’information des lecteurs. On étudiera ensuite la dimension critique de la poétique du récit cadre envisagé comme dispositif de relecture sceptique des cadres idéologiques sous-tendant l’hypotexte documentaire dont il est inspiré. On poursuivra en travaillant, à partir de quelques thèmes symptomatiques (métempsycose, tabou de l’inceste), les enjeux de la reprise dans les séquences contées elles-mêmes, d’une matière issue ou plagiée de la documentation orientale ou des récits de voyage. Dans le recueil des Sultanes de Guzarate, on verra comment Gueullette développe son style très équivoque de l’« insert » didactique, en bas de page ou directement dans le récit, puis on reprendra la question du « métafictionnel », ici explicitement reliée à la polyphonie énonciative d’un récit cadre où les narrateurs/auditeurs ne s’assurent d’un savoir qu’à le rapporter à une culture partagée du monde des fictions. On réfléchira enfin à la portée de l’importation de longs extraits d’un étrange document d’époque sur la religion musulmane, pour esquisser une idée de la façon dont ce recueil fait insister ce qu’on pourrait appeler la question de la vérité comme effet de texte.
author Perrin, Jean-François
spellingShingle Perrin, Jean-François
Du conte oriental comme encyclopédie narrative
author_facet Perrin, Jean-François
author_sort Perrin, Jean-François
title Du conte oriental comme encyclopédie narrative
title_short Du conte oriental comme encyclopédie narrative
title_full Du conte oriental comme encyclopédie narrative
title_fullStr Du conte oriental comme encyclopédie narrative
title_full_unstemmed Du conte oriental comme encyclopédie narrative
title_sort du conte oriental comme encyclopédie narrative
publisher Féeries
publishDate 2010
container_title URI:https://journals.openedition.org/feeries
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/feeries.714
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/feeries/714
_version_ 1877294594037645312