Tiphaigne de la Roche entre science et merveille
Amilec, ou la graine d’hommes, court roman paru anonymement en 1753, et réédité en 1754 dans une version « très augmentée », propose, dans sa première version en particulier, un ensemble d’éléments ambigus, à cheval entre science et merveille. Tiphaigne de la Roche, son auteur, médecin de la faculté...
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| Опубликовано в: : | URI:https://journals.openedition.org/feeries, |
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| Главный автор: | |
| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
Féeries
2010
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| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Итог: | Amilec, ou la graine d’hommes, court roman paru anonymement en 1753, et réédité en 1754 dans une version « très augmentée », propose, dans sa première version en particulier, un ensemble d’éléments ambigus, à cheval entre science et merveille. Tiphaigne de la Roche, son auteur, médecin de la faculté de Caen est surtout l’auteur de plusieurs ouvrages au croisement de la science, de la morale, de la plaisanterie et du merveilleux. Amilecest-il un texte alchimique, comme le pense Fulcanelli, qui y lit une description de « l’extraction de l’esprit enclos dans la matière première », ou une satire particulièrement subtile des systèmes et de la société, comme le pense J. Marx ?Les opérations du génie Amilec pour récolter, sélectionner, semer puis cultiver les « graines d’hommes » les plus parfaites dans le reste de l’univers, ses explications concernant la génération humaine et la circulation de ces graines dans l’air, ses espoirs enfin d’une régénération future de l’humanité ont d’évidentes résonances alchimiques ; mais ils réfèrent aussi aux conceptions contemporaines sur la génération ainsi qu’aux considérations pessimistes sur la dégénérescence de l’humanité.Dès lors, le texte apparaît comme un « cabinet de curiosités » où sciences du vivant et de la matière, arts et sciences occultes se trouvent juxtaposés voire mélangés ; Tiphaigne badine la mode des voyages imaginaires et l’engouement pour la rêverie scientifique, en se maintenant dans un entre-deux subtil entre parodie et pastiche. Les références à Kepler, à Cyrano, à Buffon mais aussi aux contes parodiques des années 1730, les allusions à Diderot, les liens d’ailleurs qu’on peut tisser entre les Pensées sur l’interprétation de la nature, parues en 1753 et 1754 également, et Amilec sont nombreux ; chez Tiphaigne, chacune des conceptions de la matière et du vivant, chacun des motifs ésotériques deviennent des départs de fiction, dans un entrelacement qui fait d’Amilec une sorte de paragramme jouant de la combinatoire et de l’analogie.Ici la merveille n’est ni la science ni l’alchimie, mais ce perpétuel engendrement des savoirs et de la fiction, par bouture, greffe et « fermentation », ce thème phare et profondément ambigu du roman de Tiphaigne. |
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