Mensonge colonial et vérité poétique. Des « immorales moralités » des contes martiniquais

Si le lecteur européen est coutumier des fins heureuses, ce n’est pas le cas de l’auditeur antillais. Au sein de la société pervertie de la plantation, le retour à l’ordre n’est jamais favorable aux personnages — ou s’ils triomphent, c’est sur le dos de leurs pairs. Reflets d’une société elle-même i...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Autor principal: Brégeas, Soraya de
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Féeries 2025
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Si le lecteur européen est coutumier des fins heureuses, ce n’est pas le cas de l’auditeur antillais. Au sein de la société pervertie de la plantation, le retour à l’ordre n’est jamais favorable aux personnages — ou s’ils triomphent, c’est sur le dos de leurs pairs. Reflets d’une société elle-même immorale, comme l’entend l’ethnologue Ina Césaire, ces « immorales moralités » ne sauraient prendre sens hors du contexte qui les a vues naître. Les fins des contes martiniquais seraient‑elles le témoin de l’aliénation coloniale ? En rendant les contes martiniquais à leur situation d’énonciation et aux interprétations des conteurs, nous tenons ici qu’elles font partie des masques de la parole créole. Mieux que des fins en trompe-l’œil toutefois, celles‑ci changent alors de sens : elles ne signent plus l’acmé du pouvoir colonial mais celui de la métaphore.