Fées cartésiennes ou fées newtoniennes

En se fondant sur deux contes des années 1740, Grigri de Cahusac, et Brochure nouvelle de Gautier de Montdorge, l’un et l’autre librettistes du musicien Rameau, on examinera la combinaison de la science et du merveilleux, auparavant étrangers l’un à l’autre dans le conte littéraire. Qu’advient-il de...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Päätekijä: Gevrey, Françoise
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Féeries 2010
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Kuvaus
Yhteenveto:En se fondant sur deux contes des années 1740, Grigri de Cahusac, et Brochure nouvelle de Gautier de Montdorge, l’un et l’autre librettistes du musicien Rameau, on examinera la combinaison de la science et du merveilleux, auparavant étrangers l’un à l’autre dans le conte littéraire. Qu’advient-il de cette hybridation ? Sans doute un renouvellement du conte, mais aussi un affaiblissement du merveilleux qui s’accorde avec une morale et une « philosophie des savants ». Malgré la critique de l’érudition et l’image négative du savant, il apparaît que la science oriente le schéma narratif. L’onomastique, inspirée des sciences, programme les comportements ; la fée Cycloïde, l’opposante de Grigri, décrit des boucles tout en suivant la ligne droite qui conduit au mariage de la reine et de son amant. Dans Brochure nouvelle, dont l’argument est une l’expérimentation sur des jeunes gens, ce sont les « contrariétés » qui font les noirceurs de la fée Chicot. Alors apparaissent les sujets essentiels des Lumières : le préjugé ou la superstition. La dérision est aussi jetée sur les tourbillons déclenchés par une fée, comme sur les lois de la physique : les erreurs sont plus nombreuses que les vérités. Même le traditionnel sujet de l’impuissance se trouve contaminé par le langage mathématique ou la référence à la régénération du polype de Trembley. Dans un contexte de soupçon, s’ébauche donc une forme nouvelle du conte « philosophique » que Voltaire portera à sa perfection.