La Double Inconstance, ou le conte de fées congédié ?

Trois ans après la féerie d’Arlequin poli par l’amour, Marivaux confie à Flaminia, dans La Double Inconstance, un discours démystificateur sur l’illusion féerique. La parfaite passion n’aurait sa place que dans un conte ; dans la réalité de la Cour, l’amour est vulnérable et malléable. Si des compos...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Päätekijä: Fréry, Nicolas
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Féeries 2024
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Trois ans après la féerie d’Arlequin poli par l’amour, Marivaux confie à Flaminia, dans La Double Inconstance, un discours démystificateur sur l’illusion féerique. La parfaite passion n’aurait sa place que dans un conte ; dans la réalité de la Cour, l’amour est vulnérable et malléable. Si des composantes du conte de fées affleurent dans La Double Inconstance (cadre spatial, situations topiques, échos de Grisélidis), la tradition féerique y est subtilement détournée. C’est qu’à la transformation magique des corps se substitue une métamorphose des cœurs : si « baguette » il y a, c’est celle, symbolique, dont Marivaux fait l’éloge la même année dans ses journaux en analysant l’art de flatter habilement l’amour-propre. La Double Inconstance peut ainsi être lue comme une réécriture désenchantée d’Arlequin poli par l’amour, où un prodige prétendu (la passion inaltérable) cède la place à un autre prodige (celui de la vanité), sans pour autant que Marivaux fasse pleinement le deuil de la féerie.