Des contes des Grimm à leurs Transformations (1971) par Anne Sexton

Anne Sexton, poétesse américaine majeure, publie en 1971 un recueil intitulé Transformations, dans lequel elle se réapproprie 17 contes des Grimm. Ce numéro 19 de Féeries propose une étude comparative des deux corpus, conduite conjointement par des spécialistes des Grimm et de leurs réécritures et p...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Awduron Eraill: Tauveron, Catherine
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Féeries 2023
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:Anne Sexton, poétesse américaine majeure, publie en 1971 un recueil intitulé Transformations, dans lequel elle se réapproprie 17 contes des Grimm. Ce numéro 19 de Féeries propose une étude comparative des deux corpus, conduite conjointement par des spécialistes des Grimm et de leurs réécritures et par des spécialistes de la poésie nord-américaine, avec pour angle d’attaque la question du handicap et du décentrement. Anne Sexton, femme hors des normes sociales, « sorcière » et « mère des fous », s’attache à réécrire à la lumière de ses propres douleurs obsessionnelles certains contes dans lesquels elle retrouve un ensemble de semblables vulnérables et exclus qui font tous écho à sa propre réalité et trouvent à se réincarner dans le contexte de l’Amérique de son époque, où l’un des plus grands handicaps est bien d’être femme. Se rencontrent donc dans le recueil les figures des Grimm et leurs alter ego contemporains : jeunes filles violentées par des pères incestueux et des mères cannibales ou bannies et fugueuses pourchassées, femmes poupées et déficients de toutes sortes, maintenus à la lisière. On a là une lecture neuve et incisive des Grimm, à bien des égards suffocante et dévastatrice, qui se double d’une recontextualisation dans l’histoire personnelle de l’auteur et dans celle de la société américaine dont l’ordre moral ne cesse d’être interrogé. On s’attache à montrer comment Sexton perçoit ce qui se cache au cœur des contes dont elle entend les « secrets qui gémissent » et, en retour, comment ceux‑là lui donnent à lire ce qui se cache en son propre cœur et dans son environnement social. Un jeu de miroir à deux faces.