Diderot

Spéculation et fiction se trouvent intimement mêlées dans l’œuvre de Denis Diderot, sans que l’on puisse jamais totalement isoler le raisonnement abstrait du récit et de la disputatio. Le caractère hybride des textes n’est qu’apparent, la fusion entre conceptualisation théorique et actualisation dis...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/feeries,
Prif Awdur: André, Valérie
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Féeries 2007
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:Spéculation et fiction se trouvent intimement mêlées dans l’œuvre de Denis Diderot, sans que l’on puisse jamais totalement isoler le raisonnement abstrait du récit et de la disputatio. Le caractère hybride des textes n’est qu’apparent, la fusion entre conceptualisation théorique et actualisation discursive est nécessaire au progrès de la réflexion du philosophe. Les quatre récits courts de forme largement dialoguée que Laurent Versini range pertinemment sous l’étiquette de « contes des années 1770 » – Les Deux Amis de Bourbonne, l’Entretien d’un père avec ses enfants, Ceci n’est pas un conte, Madame de La Carlière et le Supplément au voyage de Bougainville – constituent un ensemble homogène sur le plan de la composition, du fond et, surtout, de la thématique abordée dans ce volume : le rapport entre le conte et la politique.La fin des années 1760 et, plus encore, les années 1770 constituent une période charnière dans la pensée de Diderot qui s’oriente de plus en plus nettement vers les problèmes posés par la morale et par la politique. L’approfondissement de la théorie des trois codes – naturel, civil et religieux –, l’interrogation sur le lien qui unit la littérature au vrai et au vraisemblable sont alors au cœur des réflexions de l’écrivain. Les contes qu’il compose à cette époque se révèle le lieu d’expérimentation privilégié de la pensée politique d’un homme qui s’interroge sur les délicates relations entre l’individu et le groupe, la compatibilité relative entre la liberté individuelle et le bien collectif.