Montesquieu et le conte oriental
Le propos de cet article est d’interroger l’usage que fait Montesquieu du conte oriental dans quatre de ses fictions, les deux contes insérés dans les Lettres persanes (les histoires d’Aphéridon et d’Astarté à la lettre LXVII et d’Ibrahim et d’Anaïs à la lettre CXLI) ainsi que les contes plus tardif...
Shranjeno v:
| izdano v: | URI:https://journals.openedition.org/feeries, |
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| Glavni avtor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Féeries
2007
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| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Le propos de cet article est d’interroger l’usage que fait Montesquieu du conte oriental dans quatre de ses fictions, les deux contes insérés dans les Lettres persanes (les histoires d’Aphéridon et d’Astarté à la lettre LXVII et d’Ibrahim et d’Anaïs à la lettre CXLI) ainsi que les contes plus tardifs, l’Histoire véritable et Arsace et Isménie : de quel questionnement est donc porteur le conte oriental chez Montesquieu ? Partant de quatre traits communs, la « teinture » orientale, l’ambiguïté du traitement historique, la complexité narrative et l’absence de merveilleux, on s’intéresse d’abord à mettre en évidence une poétique de l’écart et du détour qui emprunte beaucoup à l’esthétique rococo (insertions labyrinthiques, élasticité de la forme, sinuosité du récit, truquages exhibés et faux-semblants, épanchement de la fiction et de l’histoire). On s’essaye alors, dans un dernier temps, à interpréter cette poétique : le conte oriental, pour Montesquieu, serait ainsi un instrument à penser le renversement interprétatif : une expérimentation du retournement. Monde (oriental) et mode (nouveau) de narration seraient les conditions d’une expérience imaginaire qui confinerait à l’utopie – mais en désignerait aussi, par la logique de la réversibilité, les limites. |
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