La guérison par l’exemple : morale, politique et exemplarité dans les Mille et Une Nuits et leur hypertexte
Si Mia Gerhardt voit dans les Mille et Une Nuits un assemblage de contes individuels sans interaction significative avec le conte-cadre, la plupart des autres critiques ont au contraire fixé leur interprétation justement sur ces interactions, en particulier sur les effets des contes sur le roi, Scha...
Tallennettuna:
| Julkaisussa: | URI:https://journals.openedition.org/feeries, |
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
Féeries
2016
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Si Mia Gerhardt voit dans les Mille et Une Nuits un assemblage de contes individuels sans interaction significative avec le conte-cadre, la plupart des autres critiques ont au contraire fixé leur interprétation justement sur ces interactions, en particulier sur les effets des contes sur le roi, Schahriar. Des traducteurs tels que Burton et Mardrus ont dramatisé les réactions du roi aux contes et son lent cheminement vers la clémence, tandis que les critiques ne se sont pas fait faute de souligner les dimensions morales, politiques, pédagogiques et/ou thérapeutiques des récits. Cette analyse se propose d’analyser deux cas où le lien entre enjeu moral, enjeu politique et enjeu thérapeutique des contes est particulièrement explicite : 1) le groupe d’histoires sapientiales dans la version Burton (« Les Ermites », nuits 145-150), qui entreprennent d’enseigner une leçon de bon gouvernement à travers l’utilisation de personnages d’animaux qui représentent les sujets privés de droits. Le remords manifesté par Schahriar en réaction à ces récits signale un premier pas, limité mais décisif, dans la bonne direction, cependant que l’équivalence entre la maladie du roi et le dysfonctionnement du royaume est soulignée par la référence que fait Burton à l’intertexte du Décaméron, où la peste est à la fois cause et métaphore de la décomposition sociale, et où la retraite des jeunes gens de la brigata loin de la cité-nation malade leur permet à terme de réussir une transition ludique vers sa version réformée. 2) Le best-seller socialiste d’Eugène Sue, Les Mystères de Paris, où le long épisode du conteur Pique-Vinaigre, qui se déroule en prison (8e partie) reproduit à la fois le récit de salut des Nuits (le meurtre différé grâce à la curiosité), leur leçon politique (les criminels réformés par un récit moralisant), et leur tentative de thérapie sociale (la campagne de réforme des prisons au xixe siècle). |
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