Engagements citoyens et restauration du paradigme de l’engagement communautaire dans la gouvernance de l’épidémie d’Ébola en République de Guinée
Cet article porte sur un retournement de paradigme dans le cadre de la gouvernance de la lutte contre Ebola en Guinée (2014-2016). Bien que les directives internationales prônent depuis longtemps l’engagement des communautés dans la lutte contre les épidémies, le dispositif de la réponse internation...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/faceaface, |
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| Auteurs principaux: | , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Face à face
2020
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Cet article porte sur un retournement de paradigme dans le cadre de la gouvernance de la lutte contre Ebola en Guinée (2014-2016). Bien que les directives internationales prônent depuis longtemps l’engagement des communautés dans la lutte contre les épidémies, le dispositif de la réponse internationale à cette épidémie a imposé des modes opérationnels ne permettant pas aux populations d’assumer leurs responsabilités. Les organisations internationales et celles non gouvernementales dédiées à la santé, ont d’abord mis à l’écart les communautés locales, leurs connaissances et les dynamiques socio-culturelles, pour de "bonnes" raisons sanitaires. Les protocoles et principes orientés vers la gestion du risque épidémiologique en Guinée ont minoré, voire peu reconnu les capacités et pratiques des communautés afin de gérer le risque social autour de cette maladie. Pour des raisons qui relèvent de l’étiologie (causes et conditions de transmission) de la MVE, les populations « saines » devaient être mises à l’écart des protocoles de soins et les rites funéraires réduits à la portion congrue des technologies d’inhumations dites sécurisées. Divers groupes sociaux dont la mobilisation était peu attendue, sont montés au-devant de la scène pour mobiliser leurs pairs, afin de les replacer au cœur de la lutte contre l’épidémie. Ces communautés épistémiques, du fait de leur légitimité reconnue, de leurs capacités de critiques et d’initiatives, ont initié diverses actions pour contester, participer à la lutte et protéger leurs localités d’Ébola. Cet engagement des "cadets sociaux", loin des mobilisations prescrites soit par les pouvoirs publics soit par les partenaires internationaux, a aussi poussé le dispositif de la Riposte à reconnaître et à intégrer les savoirs locaux aux impératifs sanitaires de la gestion d’une épidémie, à humaniser leurs pratiques dans la gestion de la sécurité sanitaire .Ce retournement de situation constitue une restauration du paradigme de l’engagement communautaire dans la gouvernance de lutte contre les épidémies dont le sida a été un exemple emblématique. |
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