De l’Écosse à la Sierra Leone : le voyage initiatique d’Elizabeth Helen Callander Melville
Elizabeth Helen Callander naît à Dunipace (Écosse) le 14 mars 1818. Elle épouse Michael Lining Melville à Stirling le 1er mars 1840. La même année, le couple part avec son nourrisson pour la Sierra Léone et en revient définitivement en 1846. Trois ans après son retour, Elizabeth Melville entreprend...
Gardado en:
| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/etudesecossaises, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Études écossaises
2011
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| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Elizabeth Helen Callander naît à Dunipace (Écosse) le 14 mars 1818. Elle épouse Michael Lining Melville à Stirling le 1er mars 1840. La même année, le couple part avec son nourrisson pour la Sierra Léone et en revient définitivement en 1846. Trois ans après son retour, Elizabeth Melville entreprend de publier les lettres qu’elle a envoyées à ses proches ainsi que des extraits du journal qu’elle a tenu durant ces six années passées en Afrique. Elle intitule son récit A Residence at Sierra Leone, described from a journal kept on the spot and from letters written to friends at home. Elle le publie anonymement en 1849.Ce récit s’inscrit dans un contexte de colonisation : Elizabeth Melville s’y situe comme une Écossaise, blanche et civilisée, vivant pour quelques années dans une colonie africaine de la couronne britannique. Rapidement, pourtant, l’écriture de Melville se met à décrire, de manière détaillée et admirative, la faune, la flore et les paysages extraordinaires de la Sierra Léone : colonisatrice, Melville est alors véritablement colonisée par cette terre qu’elle découvre avec intérêt, qu’elle aime et craint tout à la fois.Le récit de Melville n’ignore pas le contexte historique dans lequel s’inscrit la Sierra Léone : colonie britannique au milieu du xixe siècle, la Sierra Léone a d’abord été, Melville le rappelle, une terre d’émancipation pour les esclaves noirs d’Amérique libérés par la Grande-Bretagne après la guerre d’indépendance des États-Unis, ainsi que pour certains mendiants noirs de Londres emmenés là en 1787, à l’initiative des premiers abolitionnistes britanniques. Ce double statut de la Sierra Léone, à la fois colonie et terre de liberté, force Melville à s’attarder sur le peuplement de la Sierra Léone et à en expliquer l’origine. Il la conduit aussi à s’exprimer sur l’esclavage et la traite des Noirs, à tirer fierté de la législation abolitionniste adoptée par la Grande-Bretagne en 1807 et en 1833 et à poser sur la population locale un regard plutôt fraternel quoique condescendant.Le texte de Melville reflète au fond une véritable transformation identitaire. L’Écossaise qui quitte son pays natal en 1840 n’est plus la même personne six années plus tard. Elle est, comme nous le montrerons, définitivement transformée, dans la manière dont elle perçoit sa propre identité, tant individuelle que nationale, dans la manière dont elle perçoit son pays à son retour, et, enfin, dans la manière dont elle-même est perçue par ses compatriotes lorsqu’elle pose à nouveau le pied en Écosse en 1846. |
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