La transgression du dogme du laissez-faire : l’intervention du gouvernement britannique dans les Hautes Terres d’Écosse en 1846-1847

Quand, un an après l’Irlande, en 1846, la pomme de terre des Hautes Terres d’Écosse fut à son tour victime du mildiou, le gouvernement britannique se trouva placé devant une série de dilemmes. Comment venir au secours de citoyens menacés par la famine, tout en restant fidèle aux principes du laissez...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/etudesecossaises,
Hoofdauteur: Auer, Christian
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Études écossaises 2016
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Quand, un an après l’Irlande, en 1846, la pomme de terre des Hautes Terres d’Écosse fut à son tour victime du mildiou, le gouvernement britannique se trouva placé devant une série de dilemmes. Comment venir au secours de citoyens menacés par la famine, tout en restant fidèle aux principes du laissez-faire économique et sans perturber l’équilibre de l’économie de marché ? Comment éviter que l’aide apportée aux paysans n’encourage l’assistanat et ne se transforme en incitation à la paresse ? Le dispositif qui fut mis en place à la fin de l’année 1846 et qui se concrétisa par l’installation de deux dépôts de farine, l’un à Portree, dans l’île de Skye, et l’autre à Tobermory, dans l’île de Mull, témoigna de la volonté du gouvernement d’éviter une catastrophe comparable à celle que venait de connaître l’Irlande. Charles Trevelyan, le fonctionnaire chargé de la mise en place du dispositif, insista sur le fait qu’il était hors de question de laisser les habitants des Highlands mourir de faim. Cet article a comme ambition de montrer que cette intervention gouvernementale dans le champ de l’économie se situa en rupture totale avec le dogme du laissez-faire, fondement essentiel de l’ère victorienne. Nombreux étaient ceux, en effet, qui, à l’époque, estimaient que l’économie s’articulait autour de principes d’autorégulation : l’intervention gouvernementale était censée se limiter à la protection des citoyens de toute agression intérieure ou extérieure.