Recenser et représenter la nature, l’ambition méthodique d’Albrecht von Haller
Albrecht von Haller (1708-1777), médecin et savant bernois, incarne l’ambition méthodique des sciences naturelles au XVIIIᵉ siècle. Formé à Tübingen et Leyde, il enseigne à Göttingen (1736-1753) où ses travaux sur la sensibilité et l’irritabilité fondent la physiologie expérimentale. De retour en Su...
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| 發表在: | URI:https://journals.openedition.org/etudes18, |
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| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
Études sur le XVIIIe siècle
2025
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| 主題: | |
| 在線閱讀: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 總結: | Albrecht von Haller (1708-1777), médecin et savant bernois, incarne l’ambition méthodique des sciences naturelles au XVIIIᵉ siècle. Formé à Tübingen et Leyde, il enseigne à Göttingen (1736-1753) où ses travaux sur la sensibilité et l’irritabilité fondent la physiologie expérimentale. De retour en Suisse, il poursuit ses recherches et publie ses vastes Bibliothecæ. Haller articule observation, rigueur et iconographie pour ordonner la nature, qu’il explore notamment dans les Alpes, conciliant collecte botanique et réflexion épistémologique. Ses écrits et correspondances révèlent une volonté de transmettre une représentation exhaustive et méthodique de la nature, fondée sur des critères précis et un réseau scientifique européen.En botanique, son Enumeratio methodica Stirpium Helvetiæ indigenarum (1742) constitue la première recension systématique de la flore alpine. Faute de parcourir toutes les Alpes, il s’appuie sur des correspondants et des collecteurs. Cette exigence s’étend à l’iconographie : ses Icones anatomicæ (1743-1756) illustrent le réseau artériel avec rigueur, combinant observation directe et vérification des sources. Pour Haller, la gravure est outil didactique, preuve scientifique et parfois argument polémique, oscillant entre précision anatomique et esthétique, révélant les tensions entre science et art au XVIIIe siècle.Il souligne les contraintes matérielles des gravures scientifiques : rareté des dessinateurs compétents, conflits avec graveurs et éditeurs, coût élevé. L’iconographie, essentielle à l’enseignement et à la diffusion des savoirs, pallie l’éloignement des centres scientifiques et facilite l’étude d’espèces rares. Haller valorise l’observation directe et critique les représentations livresques. Ses recensions révèlent des exigences strictes : exactitude anatomique, proportions respectées, iconographie instructive. Alliant texte et image, il conçoit la représentation de la nature comme un outil épistémologique, non esthétique, affirmant la primauté du savant dans l’élaboration des savoirs. |
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