La fortune de l’antique. Écrire et divulguer les sciences à Rome au temps des Lumières

Au XVIIIe siècle, Rome, souvent perçue comme réfractaire à la science moderne, révèle une réalité plus nuancée. Malgré la censure du copernicianisme et son attachement à l’Antiquité, elle développe une activité scientifique soutenue par les papes, marquée par une volonté de vulgarisation et une tent...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/etudes18,
Auteur principal: Montègre, Gilles
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Études sur le XVIIIe siècle 2025
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Au XVIIIe siècle, Rome, souvent perçue comme réfractaire à la science moderne, révèle une réalité plus nuancée. Malgré la censure du copernicianisme et son attachement à l’Antiquité, elle développe une activité scientifique soutenue par les papes, marquée par une volonté de vulgarisation et une tentative de conciliation entre foi et savoir. Des figures comme Buonanni, Lancisi, Marsili ou Boscovich illustrent cette ouverture. Le newtonianisme pénètre Rome discrètement, puis s’affirme avec prudence, notamment via l’édition des Principia et les travaux de Boscovich, qui propose une synthèse entre science et foi. L’édition scientifique romaine, bien que minoritaire, s’intègre aux réseaux européens et mêle souvent érudition antique et recherche moderne. Des publications luxueuses comme l’Hortus Romanus ou des périodiques comme l’Antologia romana (1774-1798) témoignent de cette dynamique. Cette dernière, publiée en italien, vise un large public et privilégie les sciences appliquées (médecine, histoire naturelle, arts utiles) et soutient les réformes économiques de Pie VI tout en valorisant les savoirs antiques. Elle reflète l’ambition de Rome de rester influente dans le champ des savoirs, en conciliant culture catholique et esprit des Lumières. La science romaine moderne, nourrie par l’héritage antique, devient un vecteur de progrès et de bien commun, contribuant à l’émergence de l’archéologie scientifique et à une nouvelle forme d’écriture savante.