Les « esprits animaux » au défi de l’expérience. Enquête sur un objet de connaissance en voie de disparition au xviiie siècle

L’étude de Francesco Panese explore la destinée des « esprits animaux » au XVIIIᵉ siècle, révélant la tension entre leur rôle explicatif et leur insaisissabilité empirique. Héritée de Descartes, la notion désigne un fluide subtil censé relier esprit et corps. À la fin du XVIIᵉ siècle, Jamet affirme...

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Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/etudes18,
Prif Awdur: Panese, Francesco
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Études sur le XVIIIe siècle 2025
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Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:L’étude de Francesco Panese explore la destinée des « esprits animaux » au XVIIIᵉ siècle, révélant la tension entre leur rôle explicatif et leur insaisissabilité empirique. Héritée de Descartes, la notion désigne un fluide subtil censé relier esprit et corps. À la fin du XVIIᵉ siècle, Jamet affirme qu’ils échappent aux sens et ne peuvent être connus que par le raisonnement, illustrant le hiatus entre spéculation et observation. Au XVIIIᵉ siècle, Pourfour du Petit tente de concilier hypothèse et méthode expérimentale par des dissections et injections sur des chiens, sans parvenir à établir la matérialité des esprits animaux, qu’il juge « impalpables » mais indispensables pour expliquer mouvements et sensations. Stuart, en 1731, déplace le débat : ses expériences sur grenouilles et chiens démontrent qu’un fluide agit dans les nerfs, sans s’attacher à son nom, marquant l’avènement d’une physiologie expérimentale inspirée par Bacon et Newton. Les « esprits animaux » persistent comme objets problématiques, concurrencés par l’électricité et finalement abandonnés par Fourcroy au profit des « faits ». Leur disparition n’est pas une simple substitution : ces entités ont structuré la pensée physiologique avant d’être remplacées par des modèles plus robustes. Leur rôle heuristique rappelle que la science progresse par concepts provisoires, nécessaires mais indécidables, qui continuent d’inspirer la réflexion contemporaine sur la matérialité des phénomènes.