Le succès du boudoir au xviiie siècle ou les prestiges de l’intime

Au XVIIIe siècle, l’habitat des élites évolue : à côté des espaces de représentation, les lieux privés gagnent en importance. Le boudoir, héritier du cabinet, devient un espace intime dédié au repos, à la lecture, la méditation, la musique, la réflexion et aux plaisirs personnels sans regard ou juge...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/etudes18,
Päätekijä: Lebeurre, Alexia
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Études sur le XVIIIe siècle 2025
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Au XVIIIe siècle, l’habitat des élites évolue : à côté des espaces de représentation, les lieux privés gagnent en importance. Le boudoir, héritier du cabinet, devient un espace intime dédié au repos, à la lecture, la méditation, la musique, la réflexion et aux plaisirs personnels sans regard ou jugement public. Il incarne une nouvelle quête de bien-être et d’autonomie dans un monde où la vie mondaine impose des contraintes sociales fortes.Ce lieu, souvent luxueux malgré sa petite taille, permet de s’affranchir de la sociabilité imposée pour privilégier une sociabilité choisie. Il est décoré avec fantaisie et raffinement et devient le théâtre de libertinage, de galanterie, mais aussi d’attachements sincères. L’accès au boudoir est réservé aux proches triés sur le volet, renforçant son caractère exclusif. Le confort y est essentiel : miroirs, canapés, coussins et décors raffinés invitent au délassement. Pour stimuler les sens et éviter l’ennui, les décors variés évoquent la nature ou l’exotisme, avec des influences chinoises et turques très présentes. Ces motifs pittoresques et fantaisistes nourrissent l’imaginaire et offrent un univers sensoriel riche, propice à la rêverie et à l’évasion. Le boudoir devient un espace de spectacle visuel grâce à l’usage intensif des miroirs. Leur disposition face à face crée des perspectives infinies et transforme l’architecture en illusion féerique. Les motifs décoratifs se répètent à l’infini, plongeant le spectateur dans une expérience sublime. Ce jeu de reflets, qui dépasse l’imagination, évoque la prise de conscience de soi par l’anéantissement, selon Burke.