« Trop doré pour la Suisse » : canon parisien et convenance neuchâteloise

En 1771, Pierre-Alexandre DuPeyrou fait venir de Paris un décor somptueux pour sa maison, à Neuchâtel, dessinée par l’architecte Érasme Ritter, formé à l’École de Blondel. Il choque les élites locales par son luxe inhabituel. Dans une principauté modeste gouvernée par une oligarchie bourgeoise, ce f...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/etudes18,
Hovedforfatter: Magnusson, Carl
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Études sur le XVIIIe siècle 2025
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:En 1771, Pierre-Alexandre DuPeyrou fait venir de Paris un décor somptueux pour sa maison, à Neuchâtel, dessinée par l’architecte Érasme Ritter, formé à l’École de Blondel. Il choque les élites locales par son luxe inhabituel. Dans une principauté modeste gouvernée par une oligarchie bourgeoise, ce faste tranche avec la sobriété attendue. Le décor, inspiré des salons parisiens des années 1760-1770, présente une polychromie raffinée, des dorures complexes et une composition architecturale maîtrisée. Ce transfert culturel remet en question les normes locales de convenance, bouleverse les repères sociaux et artisanaux, et illustre le débat sur le luxe au XVIIIᵉ siècle en Suisse. La maison devient ainsi un symbole de tension entre centre et périphérie, tradition et modernité. L’auteur pointe par quels biais est commise l’erreur d’interprétation qui voit dans cet exemple une manifestation de l’absorption complète du goût français en Suisse.