Le système d’ameublement des élites françaises au xviiie siècle
Au XVIIIe siècle, le décor intérieur aristocratique français est profondément marqué par la dépense ostentatoire et le goût, deux pôles essentiels qui structurent les choix décoratifs. Les objets utilisés dans les intérieurs (cheminées ornées de trumeaux de glace, marbres, tapisseries, porcelaines o...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/etudes18, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Études sur le XVIIIe siècle
2025
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Au XVIIIe siècle, le décor intérieur aristocratique français est profondément marqué par la dépense ostentatoire et le goût, deux pôles essentiels qui structurent les choix décoratifs. Les objets utilisés dans les intérieurs (cheminées ornées de trumeaux de glace, marbres, tapisseries, porcelaines orientales, soieries, bois précieux, bronzes dorés) ne sont pas choisis uniquement pour leur beauté ou leur fonctionnalité, mais aussi pour leur valeur marchande et leur capacité à afficher le prestige social. Le décor devient ainsi un langage visuel de la hiérarchie sociale.La mode joue un rôle central dans ce système : elle impose un renouvellement constant des objets et des styles, dicté par les élites, les financiers et les marchands. Ce phénomène est légitimé par des discours économiques et sociaux qui valorisent la légèreté et le caprice des riches comme moteur de l’économie artisanale.Les artistes célèbres sont sollicités pour des œuvres décoratives variées : paravents, dessus-de-porte, clavecins, stucs, décors de carrosses. Ces commandes, souvent très coûteuses, renforcent le prestige des propriétaires. Le goût évolue rapidement, influencé par les styles (rocaille, goût à la grecque, néo-classicisme), mais aussi par les critiques esthétiques et morales. L’ornementation excessive, signe de richesse, est régulièrement dénoncée comme reflet d’un goût dévoyé, notamment par des figures comme Voltaire, Blondel ou Cochin.Ce système décoratif français se distingue des pays voisins comme l’Italie ou l’Angleterre, où les décors anciens sont conservés. En France, le prestige repose sur le changement, non sur la permanence. Le décor est donc un reflet des dynamiques sociales, économiques et culturelles de l’Ancien Régime. |
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