Pour une mise en corrélation des arts et des savoirs : introduction à l’étude des intérieurs domestiques

L’historiographie distingue beaux-arts et arts décoratifs, souvent qualifiés de mineurs. Malgré leur prospérité, ces derniers sont marginalisés, associés au luxe ostentatoire et à une valeur marchande plutôt qu’à une reconnaissance artistique. Cette vision explique pourquoi la spécialité des arts dé...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/etudes18,
Autor Principal: Perrin Khelissa, Anne
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Études sur le XVIIIe siècle 2025
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:L’historiographie distingue beaux-arts et arts décoratifs, souvent qualifiés de mineurs. Malgré leur prospérité, ces derniers sont marginalisés, associés au luxe ostentatoire et à une valeur marchande plutôt qu’à une reconnaissance artistique. Cette vision explique pourquoi la spécialité des arts décoratifs s’est formée à distance d’une université qui, par tradition épistémologique, a donné la préférence aux beaux-arts.Depuis peu, une nouvelle approche est apparue visant à observer les objets pour eux-mêmes, en mettant en évidence leur provenance, leurs qualités matérielles et techniques ainsi que leurs usages domestiques. Grâce à l’apport des Cultural Studies et de l’école de pensée formée par Daniel Roche, l’intérêt s’est porté au contexte des œuvres et à leurs logiques organisationnelles en utilisant des méthodes de traitement des données historiques entrainant un dialogue interdisciplinaire et une valorisation des objets du quotidien comme témoins de pratiques sociales et intellectuelles, notamment au siècle des Lumières. Cette mise en corrélation entre arts et savoirs permet de mieux comprendre les dynamiques culturelles et les logiques de consommation qui façonnent les espaces privés.Le projet de cet ouvrage est de créer des passerelles entre des interlocuteurs spécialisés dans des domaines différents autour d’un sujet propice à questionner les apports dialectiques entre beaux-arts et arts décoratifs : la décoration intérieure. Le cadre chronologique retenu est la totalité du 18e siècle et la plupart des cas traités sont localisés en France mais on trouve aussi des études de décors étrangers (Angleterre, Italie, Suisse). Le décor intérieur fait unité autant dans les formes artistiques et les objets qu’il assemble que dans l’œil du spectateur qui le regarde.