Le prince et les animaux
Entre utile et futile, les animaux accompagnent l'existence quotidienne du prince dont les chiens et les chevaux réclament de monumentaux bâtiments à Versailles. Mais au siècle des Lumières, les animaux favorisent aussi l’apparition d’un Versailles intime à travers l’artisanat du luxe et de mul...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/etudes18, |
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| Další autoři: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Études sur le XVIIIe siècle
2025
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Entre utile et futile, les animaux accompagnent l'existence quotidienne du prince dont les chiens et les chevaux réclament de monumentaux bâtiments à Versailles. Mais au siècle des Lumières, les animaux favorisent aussi l’apparition d’un Versailles intime à travers l’artisanat du luxe et de multiples constructions zoologiques de fantaisie. Durant le règne de Louis XIV, les animaux contribuent à ériger Versailles en véritable monument à la gloire du prince, car ils sont des symboles de pouvoir et deviennent le prétexte de bâtiments grandioses. Cependant, au XVIIIe siècle, les derniers Bourbons délaissent ostensiblement leur principale demeure. L'histoire zoologique proposée ici, en considérant les pratiques de chasse et la gestion des populations animales qu’elles impliquent, prétend d’abord expliquer cette désaffection. Elle invite également à évoquer un Versailles méconnu, où l’architecture zoologique de fantaisie consacre l’apparition d’une demeure intime au sein de la résidence officielle. Moins qu’à la magnificence, les animaux se trouvent désormais associés à la quête de l’existence privée confortable privilégiée par le Roi et son entourage. À travers l’artisanat, l’industrie du luxe et la gastronomie, les bêtes participent d’une consommation somptuaire qui définit l’art de vivre des Lumières. Mais l’opinion, indisposée par le coût des ménageries et celui des équipages, juge sévèrement des dépenses qui permettent aux princes de se comporter comme de simples particuliers. Le faste équestre et cynégétique, notamment, joue un rôle prépondérant dans l’effondrement de la monarchie, car les réformes destinées à limiter le nombre de chiens et de chevaux nécessaires au service de la cour interviennent trop tard. Déjà, la Révolution éclate et conduit à des choix autrement plus radicaux. Between the useful and the futile, animals accompanied the daily life of the prince, whose dogs and horses became the focus of monumental buildings at Versailles. But in the Age of Enlightenment, animals also helped to create an intimate Versailles through luxury craftsmanship and a host of fanciful zoological constructions. During the reign of Louis XIV, animals helped to build Versailles into a veritable monument to the glory of the prince, as they served as symbols of power and became the pretext for grandiose buildings. However, in the 18th century, the last of the Bourbons ostensibly abandoned their main residence. The zoological history proposed here, by examining hunting practices and the management of animal populations that these entailed, seeks first and foremost to explain the disaffection. It is also an invitation to evoke a little-known Versailles, where the zoological architecture of fantasy consecrated the emergence of an intimate dwelling within the official residence. Rather than magnificence, animals were now associated with the quest for the comfortable private existence favoured by the king and his entourage. Through handicrafts, the luxury industry, and gastronomy, animals played a part in the sumptuous consumption that defined the art of living during the Enlightenment. But public opinion, indisposed by the cost of the menageries and their crews, judged harshly the expenses that allowed princes to behave like private individuals. Equestrian and hunting splendour, in particular, played a major role in the collapse of the monarchy, as the reforms designed to limit the number of dogs and horses needed to serve the court came too late. The Revolution had already broken out, leading to far more radical measures. |
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