Réflexions performatives sur la postérité du théâtre de Destouches(et de quelques autres)

Que reste-t-il de l’œuvre de Destouches ? La boutique de la Comédie-Française nous en fournissait naguère un indice révélateur : trois maximes, connues de tout francophone – mais dont on oublie généralement l’origine –, inscrites sur des produits dérivés, tee-shirts et autres : « Chassez le naturel,...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/etudes18,
Autor principal: Spielmann, Guy
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Études sur le XVIIIe siècle 2025
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Que reste-t-il de l’œuvre de Destouches ? La boutique de la Comédie-Française nous en fournissait naguère un indice révélateur : trois maximes, connues de tout francophone – mais dont on oublie généralement l’origine –, inscrites sur des produits dérivés, tee-shirts et autres : « Chassez le naturel, il revient au galop », « La critique est aisée et l’art difficile », « Les absents ont toujours tort ». Las ! Même ces articles commerciaux ont disparu du catalogue, laissant craindre que Destouches s’efface tout à fait de la mémoire collective, sinon de celle des historiens du théâtre. En effet, le constat est sans appel : l’œuvre de Destouches, désormais lue seulement par un groupuscule d’historiens, n’est plus jouée depuis des lustres par aucun théâtre professionnel de quelque importance. Ce constat concerne l’ensemble des comédies mises en scène après la mort de Molière, à quelques exceptions près. Pour éviter qu’elles sombrent définitivement dans l’oubli, il faudrait de la part des théâtres – et, singulièrement, de la Comédie-Française – une politique volontaire de revalorisation du répertoire en se donnant les moyens de rendre ces spectacles réellement attrayants pour le public contemporain sans rien s’interdire, mais en dépassant les formules habituelles de la « restitution » et de la « modernisation ». Les universitaires – par l’organisation de colloques et la réalisation de rééditions – ont relevé le défi ; il incombe maintenant aux praticiens de leur emboîter le pas.